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vendredi 19 juillet 2019

Marie Fournier, doula : un portrait

Je partage avec vous cet article publié dans le dossier "Sage-femmes/doulas" du magazine Grandir Autrement n°68Janvier/février 2018. 6,5€
Marie Fournier exerce à Bruxelles. J'ai  eu la chance de la rencontrer en 2013 dans un cycle d'atelier Faber& Mazilsh* (communication non-violente). Une belle âme à découvrir.

Doula… Doux, là… Une présence apaisante, proche, respectueuse de la mère et de son/sa partenaire, gardienne de leur liberté de choix, marraine-fée du cocon familial qui se tisse, voilà ce qu’est une doula. Nous avons rencontré Marie Fournier1, mère de deux enfants, accompagnante périnatale et parentale bruxelloise, formatrice en langage des signes pour bébés et en communication connectée, thérapeute psychocorporelle.
  • Grandir Autrement : Raconte-nous comment tu es devenue doula. Comment cela s’inscrit-il dans ton cheminement personnel ?
    Marie Fournier :
     Quand je suis tombée enceinte en 2011, j’étais en thérapie avec une femme qui proposait aussi du chant prénatal dans un centre dédié à la périnatalité2. J’y ai découvert l‘accompagnement global proposé par les sages-femmes indépendantes. C’était tellement précieux que la même personne soit présente du début à la fin, le respect de la physiologie, le non-jugement… Notre sage-femme nous donnait des informations diverses pour que nous fassions nos propres choix. Après la naissance, nous ne savions pas ce que l’arrivée de notre enfant allait nous raconter de nous-mêmes et de notre propre histoire. Elle nous a rassurés. J’ai aimé son approche et ça a fait son chemin en moi.
    Avec mon fils, Léo, j’ai fait mes premiers pas vers le maternage proximal. C’était tout nouveau pour moi. Il a fallu faire face à mes propres conditionnements et à l’entourage.
    J’étais professeure dans l’enseignement spécialisé et choquée par la violence des adultes envers ces jeunes issus de milieux déjà difficiles. En devenant maman, ça m’est devenu insupportable. Quand Léo a eu 6 mois, j’ai décidé de me former au métier de doula. En attendant la rentrée, j’ai appris le langage des signes pour bébés, que j’ai utilisé avec Léo et commencé à enseigner aux familles.
    Quand la formation de doula a débuté, ce qui m’intéressait, c’était d’être aux côtés des familles pour les aider à faire des choix libres des injonctions dominantes. Je me suis impliquée dans l’association belge Alter-Natives3, pour informer les parents des tenants et aboutissants des actes médicaux, pour qu’ils puissent faire des choix éclairés.
    Durant la formation, j’ai rencontré Hélène Gérin4 qui m’a parlé de la communication connectée. Pour moi, il était évident qu’on pouvait s’adresser à une part profonde de son enfant. Ma conscience s’est ouverte de plus en plus à l’intelligence et la richesse intérieure des bébés, à leur potentiel à nous faire évoluer.
    En 2013, je suis tombée enceinte et j’ai quitté mon travail. J’ai cheminé vers l’accouchement à domicile, avec la même sage-femme. Quand Loup est né en septembre 2014, j’étais doula en exercice depuis février. Cette naissance m’a mise en contact avec la puissance du féminin, la force de nos intentions et aussi de nos conditionnements. J’ai gagné une plus grande confiance en moi et en la vie. Avec Loup, j’ai poursuivi mon cheminement vers le maternage proximal. Il ne voulait pas être posé et a pleuré pendant six mois…
    Un an après sa naissance, j’ai commencé une formation de trois ans comme thérapeute psychocorporelle, d’abord pour moi, pour être plus dans mon corps. Tout s’est enchaîné de manière fluide.
  • Qu’est-ce qui t’anime le plus dans ton métier de doula ?J’aime accompagner les parents de bout en bout et surtout être présente pour la naissance. Cela crée une bulle, c’est intense, intime. C’est beau de voir comment la relation se tisse et comme ma simple présence pendant le travail apaise les parents. Parfois, quand j’arrive à un accouchement, je les sens très nerveux et puis au bout de quelques minutes, je sens qu’ils se déposent en eux, que le calme vient. Pour une femme, c’est incroyablement précieux de pouvoir être accompagnée à ce moment-ci de sa vie. Chaque femme devrait pouvoir bénéficier d’une personne à ses côtés, juste pour elle, pour son bien-être, que la naissance soit physiologique ou pas.
    Pendant ma formation de doula, j’ai accompagné plusieurs femmes réfugiées via la Croix-Rouge. Certaines ne parlaient pas français et le personnel hospitalier était infect avec elles… J’aurais aimé poursuivre mais en tant que maman séparée et indépendante5, je ne peux plus faire de bénévolat.
    Ce qui me motive, c’est d’aider les familles à remettre en question le prêt-à-penser.
  • Quel genre de demande d’accompagnement reçois-tu ?
    Le plus souvent, ce sont des femmes qui se sentent assez seules ou qui préfèrent être accompagnées par une femme pour la naissance. Ce n’est pas spécialement parce qu’elles n’ont pas de partenaire, mais souvent, c’est parce qu’il y a déjà eu des naissances et que celles-ci n’ont pas été bien vécues, notamment dans le lien au partenaire.
  • Justement, quel lien se crée-t-il avec le/la partenaire, l’accompagnement le/la prend-il aussi en compte ?Oui, tout à fait, je guide les partenaires de manière douce et les encourage à être présents. Je ne suis pas du tout là pour prendre la place du futur père ! Au contraire, je lui donne toute sa place en l’informant de ce qu’il peut faire pour accompagner sa compagne.
  • Comment la relation avec les parents se tisse-t-elle ? L’accompagnement est-il défini au début ou se dessine-t-il au fil de la grossesse ?C’est un accompagnement à la carte en fonction de chaque femme et de ce qu’elle traverse. Parfois, les rendez-vous ont lieu toutes les semaines, parfois toutes les trois semaines. Certaines viennent avant la conception, d’autres pendant un moment particulier de la grossesse pour travailler sur une peur, par exemple. Là, j’utilise la respiration consciente (pour retraverser ses peurs, sa propre naissance…) et ma casquette de thérapeute psychocorporelle. Je propose aussi des séances de communication connectée qui trouvent leur place dans l’accompagnement.
  • Ton offre s’est enrichie de tes pratiques et ton cheminement. Il y a une très grande diversité d’offres chez les doulas, en fonction des dons de chacune…Oui, la formation est large, j’y ai surtout appris l’accueil, l’écoute et le non-jugement. Chaque doula apporte ses spécificités en fonction de ce qu’elle développe de manière parallèle. Je propose des accompagnements et des formations à la communication connectée et à des techniques psychocorporelles, là où d’autres proposeront du portage, des ateliers de massage pour bébés, des conseils en Fleurs de Bach ou de l’hypnose prénatale6… Je crois que chaque femme tombe sur la doula dont elle a besoin. Et puis, la réalité est que la plupart des doulas ont besoin d’avoir un autre travail à côté car elles vivent difficilement des seuls accompagnements. L’accompagnement en tant que doula uniquement ne constitue pas la majorité de mes consultations. C’est aussi une activité difficile à concilier avec la vie de famille, encore plus si on est seule avec ses enfants.
  • Comment t’organises-tu alors ?Pour la naissance, je m’engage à être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant les deux semaines autour de la date prévue d’accouchement. Durant la grossesse, les femmes viennent à mon cabinet, sauf quand elles doivent être alitées. En post-partum, je me déplace.
  • Comment cela se passe-t-il à l’hôpital avec l’équipe médicale ? Et à domicile avec les sages-femmes ?À l’hôpital, j’ai toujours été très bien accueillie, même quand il y a un protocole du type « pas plus d’un accompagnant dans la salle de naissance ». J’ai remarqué que les sages-femmes hospitalières sont soulagées. Elles savent qu’une doula leur apporte un relais, qu’elles peuvent se décharger de l’accompagnement émotionnel en quelque sorte. À la maison ou à l’hôpital, je ne prends pas de place spécifique : j’observe, je suis présente et je m’adapte aux besoins de chacun.
  • C’est une sorte de danse entre toi et les personnes présentes.Oui, ça se fait naturellement. Parfois, je sens que je peux apporter un élément, un mot, un chant, une main posée… C’est très fluide. Une phrase peut libérer la mère d’un blocage. J’ai remarqué que le lien entre les femmes et moi était différent de celui qu’elles tissent avec la sage-femme. Elles se confient comme à une amie.

www.naitre-parents.be
www.naissentiel.be
www.alter-natives.be
4 Co-auteure des livres J’ai tant de choses à dire, Éditions Souffle d’Or (2012) et Ton cœur me parle et j’ai appris à l’écouter, Éditions Mille et Une Pépites (2016).
5 C’est-à-dire auto-entrepreneuse.
6 Ndlr : Il existe aussi des doulas qui ne proposent pas d’accompagnement thérapeutique, quel qu’il soit.

vendredi 29 septembre 2017

Les doulas... En savoir plus

Mon amie Ingrid Van Den Perreboom réalise de chouettes interviews pour la RCF, dans l'émission "Vers une parentalité bienveillante". Je vous propose d'écouter celle de Sarah, doula, qui a accompagnée une autre amie d'ailleurs... que le monde est petit ;)

Cette interview tombe à pic car je suis moi-même en train de rédiger un portrait de doula pour Grandir Autrement. J'ai choisi Marie Fournier, qui est aussi formatrice en Communication Connectée et très active dans l'accompagnement des parents via son activité de thérapeute psycho-corporelle et énergétique. Celles/ceux qui suivent ce blog depuis longtemps se rappelleront que Marie avait fait venir Isabelle Fillozat à Saint-Gilles pour une super conférence, il y a... 3 ans déjà !

Je vais aussi donner voix aux super doulas qui n'exercent pas vraiment parce que ce n'est pas si évident (profession encore peu connue, dés-empowerement collectif subi sans trop de questionnement...) Bref, plein de choses à découvrir !

lundi 28 août 2017

Maïeuticien - appel à témoignages


Pour le prochain numéro de Grandir Autrement, je recherche des témoignages de femmes ayant choisi un maïeuticien (un "sage-homme" ou un homme sage-femme) pour leur suivi de grossesse et la naissance de leur enfant, En France, en Belgique, ou partout ailleurs !

Vous pouvez me contacter à l'adresse anais.tamen (chez) yahoo.co.uk

Merci !










jeudi 18 mai 2017

Portrait de père (Grandir Autrement 64)

Dans le Grandir Autrement du mois de mai-juin, vous pouvez découvrir le portait d'un papa nomade, Yannick, que j'ai réalisé aux pieds des Pyrénées. 

Yannick et Maude ont 3 enfants plein de vie, un grand chien et vivent dans un beau bus vert aménagé en super maison sur roues, après avoir voyagé plus de 2 ans en roulotte tractée par deux chevaux. Un livre auto-édité racontera bientôt leur périple. en attendant vous pouvez lire leur ancien blog : La roulotte qui gigote.

Cette interview est riche en perles de sagesse car Yannick est coach en développement personnel. Son regard sur son cheminement de père est juste, sincère et très inspirant.

Vous pouvez suivre leurs aventures sur leur blog MYTAE et découvrir les conseils de Yannick  sur son site 7 clés pour changer de vie.


>>> Chaque mois, Grandir Autrement  met en ligne gratuitement un article du numéro précédent. La liste est ici.


vendredi 1 mai 2015

Des cosmétiques ultra-bio made in Forest


Photo: Anaïs Tamen


Après Laurie, voici une autre maman dont j'ai pu accompagner photographiquement le nouveau projet: Sylvie et sa nouvelle gamme de cosmétiques ultra-bio & éthiques : Eveil Nissa.

Voici une petite interview de Sylvie, publiée sur le site de Mokka, le webzine coopératif auquel je participe. Sur les pages de Mokka il a d'ailleurs un concours pour gagner la crème de Sylvie.



Maman d’une petite fille de 2 ans, Sylvie est naturopathe, conseillère en nutrition, blogueuse et fan de produits de beauté naturels DIY. Fin 2014, elle m’a confié l’identité photographique de son nouveau bébé : une gamme de cosmétique ultra-bio, éthique et saine : Eveil Nissa.

"Eveil Nissa" signifie l'éveil des femmes. Par ses consultations et ses ateliers, Sylvie veut éveiller les consciences à l'importance d'une vie plus saine, plus verte et plus en harmonie avec nos savoirs ancestraux.

Comme nous partageons les mêmes aspirations, j'ai été séduite par son projet de "crème idéale" soyeuse et joyeusement parfumée (naturellement). Celle-ci est d'ailleurs vegan car aucun produit animal ne rentre dans sa composition (sinon j'aurai refusé). Les soins de Sylvie sont fabriqués artisanalement en France dans un laboratoire au nom évocateur, Labohème (!),  et ont reçu le label Nature et Progrès.

Comment t’est venu l’idée de te lancer dans la création d’une gamme de cosmétique bio? 

Je suis naturopathe spécialiste de la nutrition et créatrice des ateliers de cosmétiques naturels Eveilnissa. J’avais pour habitude de réaliser mes cosmétiques maison, mais lorsque je suis devenue maman, je n’ai plus eu le temps et j’ai tenté de trouver une crème Bio pour prendre soin de ma peau de manière naturelle. J’ai alors pu constaté que ce qui est dit Bio ne l’est pas forcément!


Les actifs "miracle" sont noyés parmi des huiles estérifiées (raffinées), des huiles minérales (provenants du pétrole), et autres substances chimiques, et leurs effets bénéfiques sont réduits à néant par ses substances environnantes.
J’ai investigué, testé, comparé toute sorte de produits de différents laboratoires et élaboré ce tableau comparatif :

Cosmétique conventionnel
Cosmétique BIO  courant
Cosmétique BIO idéale
Excipient (la base)
Aqua (eau)
Aqua (eau)
Hydrolat, Aloe vera…
Excipient (la base)
Huile minérale (pétrole)
Huiles estérifiées (chimiques, raffinées)
Véritables huiles végétales issues de l’agriculture BIO (riche en acides gras essentiels, minéraux, oligo éléments…)
Principes actifs (toute la campagne de communication est basée dessus)
0,01 %
30%
+ de 90% !!!
Conservateurs
Parabens, phénoxyethanol, …(perturbateurs endocriniens)
Certains labels BIO autorisent parabens, phenoxyethanol…
Agréé et non toxique pour soi et l’environnement.

Ma conclusion a été "crée ta propre gamme de cosmétique! " et c'est ainsi que j'ai conçu ma première crème bio d’exception, labellisée nature et Progrès: un soin visage nourrissant à la Rose de Damas.

Après la crème de jour, quel autres produits comptes-tu créer? 

J’ai pour souhait de développer une gamme de produits qualité et je suis à l’écoute de la demande de mes clientes :)

Tu as une petite fille de 2 ans comment concilies-tu ta vie familiale et ta vie professionnelle? 

Mon secret: l’organisation et l’écoute de nos besoins respectifs :) 

En tant que naturopathe et maman, aurais-tu un conseil pour les parents que tu appliques au quotidien? 

Une balade quotidienne au coeur de la nature pour décharger ses tensions, s’oxygéner et souffler un bon coup !




jeudi 12 février 2015

Les bases du maternage proximal: l'allaitement long

Photo: Various Brennemans (Flickr)

Voici la suite du tour d'horizon des outils du maternage proximal que j'écris pour Mokka magazine

Après le portage, je vous propose d'aborder l'allaitement... sur la longueur. En effet, l'Organisation Mondiale de la Santé recommande 2 ans d'allaitement maternel au moins (dont 6 mois d'allaitement exclusif) pour favoriser une santé optimale à l'enfant (résistance contre les allergènes, croissance physique et psychique, etc.). 

L'allaitement dit "long" c'est donc l'allaitement qui dure plus de deux ans.

Lorsqu'on s'ouvre au maternage proximal (à ses auteurs et ses lieux de rencontres réels ou virtuels) l'allaitement long semble tout ce qu'il y a de plus naturel au monde. J'ai conscience que, pour la plupart des futurs parents, des parents et de leur entourage, allaiter un enfant de 2 ans (sans parler de 4 ans ou plus) est d'une incongruité totale.

Voilà pourquoi j'avais envie de partager cet article avec vous.

Pour parler d'allaitement "long", j'ai invité mon amie Pauline, sage-femme à Bruxelles, ainsi que deux mères, Esmeralda et Vinciane, qui témoignent chacune de leur pratique de mères allaitantes. Vous trouverez également mon témoignage, en bas de (cette longue) page.


Paroles de sage-femme, Pauline:


En Belgique (et en France plus encore) il est rare que les mères allaitent au-delà des 6 mois de l'enfant. Certaines croient même que cela "ne sert à rien". Quels sont les bénéfices de l'allaitement pour la mère et son petit passé les premiers mois?

L’allaitement dit «long» comporte de nombreux avantages, pour autant que le bambin et sa maman y prennent un réel plaisir.

Je pense avant tout à une certaine relation de complicité. En effet, la pause qu’impose une tétée est un moment privilégié que s’offre le couple maman/enfant, elle peut être un oasis de calme au milieu du tumulte de la vie quotidienne, l’un face à l’autre, un échange, quelques mots, des regards…

Les bienfaits du point de vue nutritionnel sont connus et reconnus. Il n’est plus besoin de citer les qualités du lait maternel. Ces bienfaits sont donc valables à 3 mois, tout autant qu’à 3 ans.

A partir de la diversification alimentaire, généralement aux alentours de 6 mois, l’enfant commence un « éveil aux saveurs et textures », les quantités d’aliments importent peu, le lait reste donc primordial car il constitue la base de l’alimentation pendant encore au moins toute la première année. Au départ, on recommande d’ailleurs de donner le sein en premier lieu et ensuite de proposer les aliments.
En termes d’immunité, le lait maternel contenant des anti-corps aide l’enfant à lutter contre les maladies du quotidien. Ceci parait d’autant plus important à un âge ou beaucoup d’enfants entrent en crèche puis à l’école.

Du point de vue des allergies également l’allaitement long semble protecteur, en effet, les allergies, notamment le rhume des foins, est moins important chez les enfants ayant été allaités plus de 6 mois.

Du point de vue de la mère, l’allaitement long aurait également des effets positifs sur la santé : une incidence moindre de diabète, du cancer du sein, une meilleure densité osseuse à la ménopause,… Ces bénéfices étant d’autant plus importants que l’allaitement est long et répété dans la vie d’une femme. 

Et si l’on veut être pragmatique, l’allaitement, c’est facile !!! Toujours à bonne température, en juste quantité, ce n’est pas fermé le dimanche ou la nuit, pas de vaisselle à faire ni de problème de conservation si l’on part en balade.

L'OMS recommande de poursuivre l'allaitement au moins jusqu'au 2ème anniversaire de l'enfant. Vois-tu ce message diffusé en pratique? Je pense notamment aux pédiatres qui me semblent peu nombreux à inciter les mères à allaiter sur la longueur. Est-ce que dans les hôpitaux "amis des bébés" c'est différent ?

Effectivement, cette recommandation de l’OMS est assez peu diffusée. On promeut l’allaitement, mais au-delà de quelques mois, il est socialement admis qu’une mère doit sevrer son enfant, et ne parlons pas au-delà de 3 ans. Certains professionnels recommandent même aux mères de « passer au biberon » devant une courbe de poids qui ne monte pas en flèche ou lorsque le bébé ne dort pas de 20h à 6h sans interruption à l’âge de 3 mois.

Dans les hôpitaux ayant le label IHAB (initiative hôpital ami des bébés) tous les professionnels intervenants auprès des jeunes parents reçoivent une formation concernant l’allaitement maternel et les rythmes des bébés, de ce fait, je pense qu’il y a un réel soutient mis en place pour les mères qui souhaitent allaiter. Néanmoins, je ne pense pas que le discours sur l’allaitement dit « long » soit particulièrement mis en avant.

Si vous rencontrez des difficultés concernant l’allaitement et l’alimentation de votre enfant, sachez que vous pouvez toujours faire appel à une sage-femme ou une consultante en lactation. Cependant, les prestations sage-femme ne sont prise en charge par les mutuelles que jusqu’aux 12 mois de l’enfant.

Est-ce qu'on allaite un grand de 2 ans ou plus comme un petit ?

Les bambins sont allaités différemment des bébés.

Tout d’abord parce que leurs besoins ne sont pas les même, notamment du point de vue hydratation et nutrition.

Souvent, les couples mamans / bambins, vont avoir des moments favoris pour une tétée, pour celui-ci, ce sera le matin au réveil, pour un autre, ce sera au moment de la sieste. Le rythme des tétées dépend de chaque duo, pour certains, les tétées seront encore fréquentes, pour d’autre, ce sera « réglé » à une fois par jour, ou pour d’autres ce sera tout à fait irrégulier. Il est même envisageable que le bambin ne soit pas allaité tous les jours et la que la maman ait du lait pour quelques tétées hebdomadaires.

D’autre part, un dialogue sur les besoins de chacun est facile à mettre en place. A cet âge, un bambin qui a très envie de téter pourra supporter d’attendre que sa mère soit disponible si elle lui explique qu’elle veut terminer telle chose avant la tétée, ou alors, si elle n’a pas envie d’allaiter en public, elle peut lui expliquer qu’il/elle tètera au retour à la maison. Inversement, une maman qui envie d’un câlin peut proposer une tétée réconfort à son bambin.

Selon toi quels sont les freins à l'allaitement long ?

L’allaitement sur le long terme n’est pas toujours évident.

Dans certains cas, il y a un désaccord dans le couple. Dans ces cas, le dialogue est primordial. Ecoutez sincèrement les craintes de votre partenaire et rassurez le, proposez lui de lire des témoignages, notamment de papas, de rencontrer d’autres familles ou l’on pratique l’allaitement au long cours, de rencontrer un professionnel qui pourra répondre à ses questions, les sages-femmes notamment peuvent être à l’écoute dans ce genre de situation.

Le regard de l’entourage, proche ou inconnu, est également une plainte de certaines mamans allaitant des bambins. On n’a pas toujours envie de se justifier, de subir des remarques désobligeantes, voire même de se cacher,…

Une petite astuce dans ces cas est d’utiliser l’humour. « Mais bien, sur, je compte l’allaiter jusqu’à ses 18 ans, de gré ou de force ! ».

Dans ces moments, vous pouvez aussi penser à tous ces bambins qui sont allaités en même temps que le vôtre, non vous n’êtes pas une exception. A ce sujet, je recommande l’article « Le regard des autres » que tu as publié sur ton blog.

D’autre part, ertaines mamans disent pratiquer plus facilement l’allaitement en public avec leurs bambins sans être remarquée qu’avec un bébé car l’enfant plus grand « cache » mieux le sein de sa mère, aime se cacher sous son pull… (ou pas, je pense notamment à ma fille qui hurle « NON ! pas comme ça ! », si j’ai le malheur de vouloir couvrir un peu mon sein !!!)

Dans les cas ou la maman n’est pas en contact permanent avec son enfant, il faut généralement utiliser à moment donné le tire lait, et tout le système de conservation/organisation que cela suppose. Cela peut paraitre contraignant voire impossible pour certaines. Cependant, sachez qu’une fois que la routine est en place, les choses sont généralement plus simples. Renseignez-vous sur vos droits, certaines entreprises accordent un congé « allaitement » de 5 mois indemnisé par la mutuelle, lors de la reprise du travail, les employeurs sont tenus de mettre un lieu à votre disposition pour tirer votre lait, de vous accorder des pauses prévues à cet effet.

Il existe des tire lait de toutes sortes, trouvez celui qui vous convient le mieux, on peut d’ailleurs en trouver à bas prix en seconde main.

Evidemment, l’allaitement dit « long », ne doit pas être présenté en modèle, cela peut être culpabilisant pour les femmes qui font un autre choix. Chaque femme a ses convictions, son histoire, son bagage, ses besoins et cela importe dans les choix de chacune, qu’il convient de respecter.

As-tu des sources d'information inspirantes à partager avec nous?

  • Le site de la Leche League France est une référence, très bien documenté et mis à jour. L’association diffuse aussi une revue trimestrielle.
  • Pour le site de la Leche League Belgique, il est possible de s’abonner à une news letter mensuelle. Ces deux associations offre à toutes mères la possibilité de contacter une animatrice par mail ou par téléphone pour des questions ponctuelles. Des réunions de parents /futurs parents sont organisées dans différentes villes.
  • Le site Infor-allaitement est également une source d’informations intéressante.
  • Le magazine « Grandir Autrement » propose régulièrement des articles sur l’allaitement des bambins.
  • Les meilleures sources d’inspiration restent à mon sens de belles rencontres avec d’autres familles pour partager les expériences.
  • A destination des enfants, je citerai « Toi, moi et la tétée » de Monica Calaf et Mikel Fuentes aux éditions du Hêtre, qui aborde la question du sevrage avec les plus grands.



Photo: Lucia Sanchez (Flickr)

Paroles de mères:


Esmeralda, maman d'Alice bientôt 4 ans : 

"Dans cette société soumise au patriarcat, donner le sein est un acte révolutionnaire" - Elena Mayorga

Comment l'allaitement long influence la relation à ton enfant? Qu'est ce que cela vous apporte à lui et à toi?

L'allaitement a et a eu un rôle fondamental dans la relation entre ma fille et moi: ça a autant un rôle nourricier, que celui de consoler, câliner, calmer, endormir, apaiser et aussi clairement un moment de tendresse entre nous

Rencontres-tu des difficultés et comment les dépasses-tu?

Je me suis retrouvée face à plusieurs difficultés:

  • manque d'information des médecins pour qui allaitement est opposé à soigner un patient. Je dois à chaque fois parler de Lecrat ou de e-lactancia, ou me référer moi-même à ces sites pour savoir quels médicaments je peux prendre et comment je dois faire pour que cela ne passe pas dans le lait (ou en moindre mesure).
  • rejet de l'allaitement par une pédiatre, qui voulait nous pousser vers le lait industriel, n'hésitant pas à utiliser des arguments très culpabilisants (vous allez tuer de faim et de soif votre enfant). J'ai changé de pédiatre.
  • manque d'information sur les soucis qu'on peut rencontrer lors de l'allaitement, avec à chaque fois comme réponse "donnez un biberon". J'ai consulté chez LLL et j'ai vu 3 consultantes en lactation.
  • rejet de l'allaitement long par mon entourage --> trouvé des arguments pour ma famille et laissé clair qu'il s'agit de mon choix et qu'il n'est pas discutable. L'humour. Pour l'entourage "amis", je ne fréquente plus les personnes toxiques. Et je fréquente des groupes de personnes dans la même dynamique que moi (maternage, allaitement, cododo).


Vinciane, maman de Malik 4 ans et Ethan 1,5 ans: 

"Keep calm, it's just nursing"

Pour répondre à ces deux questions sur l'allaitement, je voudrais d'abord expliquer le cheminement qui nous y a amené. 

Il y a 4 ans Malik venait au monde, premier enfant, longtemps désiré... Avec lui son lot d'interrogations, d'incertitudes, de doutes,... Une chose sure, vu le terrain allergique de mon côté je souhaitais allaiter 6 mois de façon exclusive... Naïvement, j'ai écouté les infirmières qui, à la maternité déjà, voulaient que je régule ses tétées... "Il vient de boire, il ne peut pas avoir faim,..." De plus, gros bébé à la naissance (4kg650) il était demandeur et moi, épuisée de l'accouchement, anémiée (je n'ai reçu du fer que 3 jours plus tard). Les débuts furent difficiles... Mal conseillée, il a fallu donner des compléments car il s'était mis en veille... Résultat des courses: malgré son besoin de proximité et de tétées, il s'est mis à râler de plus en plus vite au sein pour finir par ne plus rien y boire et à 3 mois et demi, l'allaitement était terminé, dans les pleurs des 2 côtés. Mais mon loustic s'est révélé allergique et là, a commencé la course à la recherche du lait qu'il accepterait et supporterait le tout en passant par des jours et des nuits de pleurs, maux de ventre, vomissements etc.

Nous nous sommes alors promis de ne plus jamais revivre cela... Le suivant serait allaité pas de lait artificiel. Ethan est arrivé 2 ans et demi plus tard, et là, hors de question de faire autrement qu'à ma façon. On s'est accrochés, tous, et y sommes arrivés! Il a 1 an et 5 mois et pas une goutte de lait artificiel. Ce que ça nous apporte? une sérénité, un petit garçon en pleine forme qui n'a pas vécu ces moments traumatisants de maux de ventre. Lui aussi est allergique mais je suis en éviction pour lui et tout va bien. Pour rien au monde je ne ferais autrement même si parfois c'est une contrainte (toute sortie doit se prévoir en fonction de la réserve de lait au congélateur, qu'il faut donc tirer) J'ai la certitude de faire ce qui est bon pour lui. C'est une continuité logique de la grossesse. Vu le vécut, le papa me supporte à 100% dans cette voie même s'il appréciait le côté facile des biberons lorsqu'il faut le confier à quelqu'un.

Comment l'allaitement long influence la relation à ton enfant? Qu'est ce que cela vous apporte à lui et à toi?

Je ne sais pas si l'allaitement joue vraiment dans notre relation, car avec mes 2 garçons j'ai une relation très forte mais tous deux ont été et sont encore beaucoup portés. Pour moi, le plus est vraiment sa santé... Il peut être malade grâce à l'allaitement, il ne l'est jamais très fort, ça ne dégénère pas et en plus comme il boit, il ne perd jamais beaucoup de poids

Rencontres-tu des difficultés et comment les dépasses-tu?

Des difficultés, pour ce deuxième allaitement, j'ai en rencontrées au début: mauvaise prise au sein, production un peu limite car monsieur aimait surtout dormir au sein donc stimulation en plus avec le tire lait... A 1 mois : belle réaction allergique sur tout le corps, direction les urgences, puis régime d'éviction strict... Ce qui est contraignant même au niveau social (être invité = soit apporter, soit demander de respecter le régime alimentaire, plus de resto car peu de plats possibles...) mais est récompensé par la vue du loustic en pleine forme.

Depuis, et bien comme tout le monde: les pics de croissance, la reprise du boulot avec les tirages en plus et les réactions des collègues pas toujours des plus agréables... Mais je sais grâce aux groupes de discussions comme les Betty Boops (sur Facebook ndrl) et comme celui de La Leche League que je suis loin d'etre la seul. Et puis je suis déjà une extra terrestre car je porte mes enfants et je leur mets des couches lavables alors tant qu'à faire, autant aller jusqu'au bout! Quand j'ai un coup de mou je surfe un peu sur des pages web remplies de mamans pensant comme moi et j'en ressors reboostée. Et puis, quand on me dit que mon fils a l'air bien, en pleine forme, équilibré et que la gardienne me dit qu'il est même très indépendant et autonome pour son âge, je me dis que je dois être dans le bon.

Une chose essentielle: mon deuxième allaitement a fonctionné grace aussi au soutien inconditionnel du papa. Le rôle du papa est tellement important dans l'allaitement, son soutien moral, son aide dans les taches de tous les jours, dans le fait de relayer et bercer, changer, etc. Chez nous, l'allaitement n'a pas éloigné le papa, que du contraire, j'ai ma bulle avec mon fils (comme avec l'ainé) et il a sa bulle son univers avec chacun de ses fils également. Il a une relation très forte avec chacun. C'est important car c'est une réflexion souvent entendue "mais si tu allaites où est la place du papa?" Et bien, partout ailleurs! Le bain, le portage, etc.


Anaïs, Maman de Nelson 3 ans et 4 mois et Anouk 11 mois: (oui je m'auto-interview...)

J'ai allaité mon premier enfant un peu plus de 22 mois. Le sevrage s'est fait bon gré mal gré car j'attendais mon deuxième enfant (qui a 11 mois aujourd'hui et qui est allaitée). Certaines mères pratiquent le co-allaitement, c'est à dire l'allaitement d'un bébé et d'un bambin ou de plusieurs bébés en cas de naissances multiples, mais cela n'a pas été mon choix. Malgré des débuts difficiles (car l'allaitement, bien que naturel, est un acte qui s'apprend, tant pour la mère que pour l'enfant), j'ai adoré nourrir mon fils et aurait souhaité poursuivre cet aspect doux de notre relation plus longtemps. Ce chemin nous l'avons fait petit à petit avec, pour moi, le souhait très fort de le nourrir à la naissance et de dépasser des difficultés et des "caps" que je me fixais tous les 3 mois la première année.

Comment l'allaitement long influence la relation à ton enfant? Qu'est ce que cela vous apporte à lui et à toi?

Comme l'explique Pauline, les tétées sont un moment de calme et de douceur pour l'enfant et pour la mère, apaisants pour les deux. Allaiter favorise le sommeil tant chez l'enfant que chez la mère. C'est l'ocytocine, l'hormone de l'attachement (ou de l'amour s'il long veut) qui permet la production de lait. La même hormone qui permet d'accoucher, d'aimer son conjoint ou ses amis, de se relier aux autres. Alors l'allaitement "long" je le vois comme un moyen de nourrir la relation d'amour à son enfant.

Rencontres-tu des difficultés et comment les dépasses-tu?

Mes deux débuts d'allaitements ont été difficiles mais j'y étais préparée car une de mes amies m'avait mis en garde contre le danger d'une mauvaise information dans les premiers jours/semaines. A la fin de ma première grossesse j'ai consulté une consultante en lactation experte, réputée et très généreuse, Patricia Vanderschueren, pour me préparer au mieux. Je l'ai revu une fois au deux mois de mon fils mais entre temps elle m'a coachée par téléphone tout comme les mères-relais d la Leche League. Pour mon deuxième enfant c'était plus simple mais pas autant que je l'aurai imaginé car je n'avais plus l'habitude d'allaiter un tout-petit et il m'a fallu ré-apprendre les bonnes positions d'allaitement pour éviter la douleur actroces crevasses (qui sont toujours liées à une mauvaise position). Cette fois-ci j'étais épaulée par deux merveilleuses sage-femmes: Caroline Bodel et Marloes Sijbenga.

Tout ce passe donc pour le mieux, et, quand il y a un petit couac, c'est un signe que je dois ralentir, me ressourcer et revenir à l'essentiel. Et pour moi, allaiter c'est essentiel. J'ai bien conscience que certaines mères n'ont pas eu la chance d'être bien entourée et informée et, les sachants précieux, je savoure d'autant plus ces moments.

Pour aller plus loin deux articles de la Leche League:


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samedi 9 août 2014

Inspiration # 4: Isabelle

Je reprends ma série d'interview de parent inspirant. Après mes copines Charlotte et Pauline, et Barbara (une lectrice qui a gentillement écrit 2 articles en 2013) je vous propose de découvrir Isabelle, co-fondatrice de la coopérative dédiée aux produits de maternage et  aux articles pour enfants issus du commerce équitable: La Pachamama

Isabelle m'a contacté il y a quelques mois pour m'encourager dans l'écriture de BLO et me présenter son projet, que je ne connaissais jusque là que vaguement. Je l'en remercie car j'ai découvert une coopérative éthique, créée par deux mamans engagées qui proposent de jolies trouvailles et notamment de beaux livres pour enfants, dont la collection "Pour penser à l'endroit" qui est spécialisée dans les ouvrages de communication non-violente pour les enfants (voir mon article Communication non-violente: des livres pour les enfants).



1/ Quels sont les endroits que tu aimes fréquenter à Bruxelles avec ton / tes enfants?
  • La boutique Ozfair, à Saint-Gilles. Le plus grand espace de commerce équitable en Belgique, avec table d'hôte végétarienne, locale et bio! 
  • Le parc Wolvendael, près de la plaine de jeux, avec ses immenses pelouses où on peut passer du temps en ayant toujours l'impression d'être tout seul tant il y a de la place.
  • Le marché bio des Tanneurs, en plein centre, qui propose toujours des produits délicieux et très bon marché.
  • La bibliothèque du Phare, toujours très bien fournie, et où les bibliothécaires sont d'excellent conseil. On jurerait qu'ils ont lu tous les livres qu'ils proposent. 
  • Le glacier Zizi, rue Vanderkindere, le meilleur de la ville!

2/ Qu'est-ce que tu as trouvé / trouve difficile ici?
La lenteur des transports en commun, qui fait que les distances sont infiniment plus longues à parcourir quand on n'a pas de voiture. J'aimerais faire plus de trajets en transport en commun mais je ne peux pas me le permettre pour une question de temps, c'est dommage!

3/ Te souviens-tu de 2 ou 3 conseils que d'autres parents t'ont confier et qui t'ont été particulièrement utile durant ta grossesse et/ou dans tes premiers pas de jeune parent?
Oh oui: j'ai reçu "Elever son enfant autrement", le livre de Catherine Dumonteil Kremer. Elle y parlait de portage, d'allaitement, de co-dodo, de lâcher prise et de connexion à son enfant plutôt qu'à des conseils extérieurs. C'est devenu un des titres que j'adore vendre dans ma boutique (www.lapachamama.eu)

4/ Peux-tu expliquer le projet de la coopérative Pachamama?
En 2008, nous avons créé La Pachamama car nous étions inquiètes de ce que nous offrions à nos enfants. Parmi tous les excès sociaux et environnementaux, les produits destinés aux enfants nous apparaissaient comme les moins bien lotis au niveau éthique: produits toxiques, conditions de travail désastreuses, etc. Nous avons mis sur pied toute une gamme éthique, que nous commercialisons en vente en ligne et en distribution. Nous avons des projets et des idées plein la tête, de nouveaux partenaires et de nouveaux contacts qui nous stimulent et nous donnent tout le dynamisme et l'enthousiasme nécessaires!  

Nous sommes organisés en coopérative: tout le monde peut investir en achetant une part sociale et s'assurer ainsi qu'une partie de son épargne va à un projet bourré de sens. 
Nos valeurs: 

- Solidarité, justice, attention aux plus faibles

- Lien, ouverture

- Responsabilité, durabilité, éthique

- Parentalité dans la douceur et dans la joie

- Sensibilisation, éducation


5/ Comment équilibres-tu ta vie professionnelle et ta vie de famille?
C'est une grande question. Elles sont très mêlées car le showroom de la boutique est dans la maison, et les enfants adorent tester les nouveaux jeux. Et quand on a son propre projet à faire vivre, on ne compte pas ses heures de travail, qui deviennent très vite déraisonnables! Mais ça va, la beauté des gens qu'on rencontre et l'énergie nourrissante qui est présente quand on fait ce qu'on aime viennent compenser largement les déséquilibres. 

6/ Si tu pouvais changer un truc à Bruxelles pour améliorer ta vie de parent ce serait quoi?
Les transports en commun ;-)





PS: Ceci est un article spontané, je ne fais pas de pub sur Bruxelles-Les-Oies (bien que des annonceurs me sollicitent) et n'ai pas reçu d'avantage pour cela.

vendredi 27 juin 2014

The liebster award

Larissa, super bloggeuse et maman vegan qui a écrit pour BLO, a sélectionné mon blog dans sa liste de onze blogs méritant un "Liebsteer award".

Les liebster awards, c'est un joli prétexte pour faire connaître les blogs que l'on apprécie et créer du lien entre les bloggers. Larrisa écrit à ce propos: "L'idée est de choisir onze blogs qu'on a envie de partager, de les taguer, puis de les inviter à écrire onze infos personnelles et à répondre à onze questions qu'on concocte. Pfiou." 

Pfiou en effet! Alors voici ma contribution.


Mes réponses aux onze questions de Larissa:
Mongolie, 2006 - On entendait les loups cette nuit là

Mongolie, 2006 - Ce sont des fromages au lait de yack qui sèchent sur le toit de la yourte. C'est un snack bien pratique à cheval.

1) Qu'est-ce qui vous a poussé à créer votre blog?
Quand je suis devenue maman en 2011, j’ai consacré beaucoup de temps et d’énergie à trouver que faire avec mon bébé à Bruxelles dans un esprit de maternage proximal et durable. L’information était morcelée, accessible surtout par le bouche à oreille. J’ai voulu faciliter la tâche aux autres jeunes parents et faire connaître mes trouvailles pour encourager les initiatives « alternatives » à Bruxelles, dans le domaine du maternage et plus généralement de la durabilité. 

J'aime aussi partager mes lectures inspirantes ou les conseils pratiques que je reçois / découvre. Ca me permet de mieux les intégrer. Avoir un blog pour moi c'est un peu comme avoir un carnet que je ne risque pas de perdre. BLO me permet aussi d'échanger avec mon mari ou mes amis sur les thèmes que j'aborde.

2) Avez-vous de la bonne musique à recommander?
Ane Brun est ma compagne au long court. Je peux écouter à peu près n'importe laquelle de ses chansons en boucle. Ces textes me touchent, m'inspirent, me soignent. Il y a plein de vidéos pour la découvrir sur youtube. En ce moment j'écoute beaucoup Bill Evans. Sinon à la maison on est très "B.O". On écoute beaucoup celle de Moonrise Kingdom car Nelson l'adore. C'est par ailleurs un super film.

3) Qu'est-ce qui vous inspire le plus au quotidien?
Les arbres.

4) Quels pays avez-vous déjà visités?
J'ai vécu en France, Angleterre et Belgique donc. J'ai visité la Suisse, la Hollande, le Pays de Galles, le Danemark (Copenhagen), l'Allemagne (Berlin), l'Italie (Rome), le Portugal (Lisboa), l'Espagne, la Croatie, la Chine (Beijing only), la Mongolie, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, l'Inde du Sud, Israël, la Palestine, le Cameroun.

Je crois ne rien oublier... si, 48h à 
Casablanca suite à une correspondance ratée. Il y a tant d'endroit que j'aimerais découvrir, sans compter tous ceux où j'aimerai retourner!

5) Quelle est votre activité préférée à faire avec des enfants?
Me promener dans la nature et rencontrer des animaux. Donc ça peut être marcher en forêt ou aller dans une ferme éducative. Quelques idées vertes à Bruxelles avec des enfants dans cet article: Dans la forêt lointaine (ou comment se reconnecter à la nature en ville)

6) Qu'est-ce qui vous met de bonne humeur au quotidien?
Le regard pétillant de mes enfants et de mon mari. Du chocolat noir bio & équitable et de la purée d'amande complète en réserve dans le placard. Mais je crois que la bonne humeur c'est plutôt une décision intérieure de chaque instant.

7) Quel est le dernier livre que vous avez aimé, et pourquoi?
Je lis Où cours-tu? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi de Christiane Singer et cela m'inspire beaucoup. J'ai souvent 2 ou 3 bouquins ouverts en même temlps. Le second en ce moment c'est La fatigue émotionnelle et physique des mères : Le burn-out maternel... et le troisième (!) Petit traité de l'abandon: pensées pour accueillir la vie telle qu'elle se propose d'Alexandre Jollien que je relis.

8) Et le dernier film que vous avez apprécié?
Apprécié? Le casse-tête chinois. C'est pas du cinéma d'auteur mais j'ai passé un bon moment. J'ai hâte de voir The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson. Je n'ai plus beaucoup le temps de voir des films... Sinon, je suis une grande fan de cinéma danois, de films français un peu prise de tête et des sélections du Sundance festival.

9) Quel est l'endroit au monde que vous aimez le plus, et pourquoi?
Le massif de la Chartreuse parce qu'il est une force de vie et d'inspiration constante et qu'il sera toujours là. Peut-être aussi parce que je suis née à son pied. 

10) Pour les non-vegans: qu'est-ce qui vous attirerait vers une alimentation qui repose moins sur les animaux?
Je trouve la question drôlement bien posée. Je la tourne dans ma tête depuis que je l'ai lu il y a quelques semaines déjà... 

Et bien, j'essaie de proposer à ma petite famille une alimentation principalement végétale mais je vis avec deux carnivores qui me réclament souvent des animaux morts en repas. Moi même j'en ai consommé beaucoup pendant mes deux grossesses car mon corps en réclamait. A chaque fois j'ai repris mon régime principalement végétarien une fois mes enfants nés mais avec plus d'exceptions qu'avant (avant d'avoir des enfants donc). 

Comme mon fils est allergique aux laits animaux et que l'on a plus de chat, nous avons retiré les produits laitiers de notre liste de courses depuis belle lurette (et puis comme mère allaitante ça me posait déjà problème d'exploiter des animaux pour leur lait, j'en parlais dans cet article: Veaux, vaches, et tisane d'allaitement ou comment redevenir végétarienne?)

Bref, je ne sais pas comment mieux faire. Peut-être en ayant un meilleur arsenal de recettes veggie/vegan & yummy (et rapides surtout). Bon après, on consomme de la viande 2 fois par semaine en ce moment, et des oeufs, ce qui est à mon sens pas trop mauvais comme score. 

Je suis en tout cas heureuse de cheminer vers une alimentation consciente, saine et joyeuse. J'ai remarqué que lorsque je suis hors de la ville, je me pose moins de question. C'est le déracinement, l'éloignement entre le producteur et le consommateur, la coupure avec la terre et le vivant, inhérent à la vie citadine qui me fait me questionner sur tout ce j'achète. En ce moment, c'est l'eau du robinet qui m'inquiète.

11) Quel est le message principal que vous aimeriez donner?
Faites-vous confiance, respirez, découvrez et partagez.


Onze choses sur moi:


Espagne, 2008
  • J'ai commencé à blogger en 2005. Mon premier blog s'appelait Kokliko, puis il y a eu Pin-up Butter. Je n'y racontai pas grand chose. Je postais des photos, de la musique, quelques poèmes, j'y narrais un peu ma vie (ce que je ne veux plus faire) et je m'amusais beaucoup à apprendre le langage CSS pour customiser mes pages. Ces ateliers virtuels me servaient surtout à rencontrer d'autres bloggers. J'ai d'ailleurs noué une amitié solide avec l'un d'entre eux. On s'écrit toujours depuis toutes ces années. Cette relation a le charme suranné des correspondances épistolaires d'antan. 
  • Grâce à ce blog-ci, je me suis faite 3 nouvelles copines. Mes lecteurs me reconnaissent facilement... en ce moment c'est pas un super avantage car je crie beaucoup dans la rue (NELSOOOOON STOOOOOOP! STOOOOOOOP!)
  • Depuis la naissance de ma fille, ma relation à mon fils aîné ne me satisfait pas. Il y a beaucoup de tensions liées au manque d'attention qu'il ressent et à ma fatigue. J'ai explosé tous mes standard éducatifs et lutte constamment pour appliquer les concepts de parentalité positive que je relaie ici.
  • Mes enfants ont 4 prénoms chacun: un prénom international, un francophone, une évocation à la nature et un prénom bamiléké.
  • Je n'ai pas de télé depuis 2001.
  • Je suis économiste de formation. J'ai étudié l'économie politique pendant 4 ans en France et en Angleterre, puis je suis arrivée à Bruxelles pour une dernière année complémentaire en politique internationale. Ce n'était pas une vocation au départ... Je voulais étudier la psychologie ou la sociologie mais ce choix n'était pas très soutenu par ma famille à l'époque. Après quelques mois de cours, j'ai monté un dossier pour rejoindre la filière Arts et Spectacle de l'Université d'Arles. Je voulais apprendre la gestion culturelle. Mais le destin en a décidé autrement et je suis partie à Brighton  (UK) vivre ce qui m'attendais là-bas.
  • Ca fait 12 ans que j'habite Bruxelles et... au moins 9 ans que je pense en partir. Je sais que le bonheur ne dépend pas du lieu où l'on vit, que c'est un état intérieur, mais la nature me manque.
  • Quand j'habitais en Angleterre j'étais, entre autres, danseuse dans un band. Yeah! 
  • Je ne vais jamais chez le coiffeur. J'ai porté longtemps une sorte d'afro, des dread-locks, de longues tresses avec des rajouts en synthétique, le crâne rasé (ce que je referais bien d'ailleurs).  La première fois que je me suis rasé la tête c'était à Barcelone, chez un coiffeur bangladais pour hommes, dans une rue bondée de prostituées.
  • J'ai arrêté de manger de la viande rouge à 14 ans, en plein scandale de la "vache folle" devant les abattages massifs et la prise de conscience progressive que l'on nous cachait beaucoup de chose. Je suis devenue végétarienne à 18 ans, suite à la rencontre d'une personne plus prosélyte que les autres, qui me donnait chaque semaine des prospectus et autres vidéos sur l'élevage industriel. Enceinte de mon fils, j'ai refermé Eating animals le livre de Jonathan Safran Foer et repris une alimentation carnée. Mon retour au végétarianisme n'est pas aussi facile que je le pensais (cf. mes articles Le végétalianisme en famille: ressources succulentes et Le végétarianisme en famille (suite)). J'ai surtout à coeur d'offrir à ma famille une alimentation consciente et raisonnée.
  • Nelson et moi avons décidé d'aller au refuge de Veeweyde adopter un vieux chat.
  • Je viens de visionner ce film d'animation et vous le conseille:



La liste des onze blogs à qui j'attribue cet Award
  1. Le journal de Liv et Emy - lire les réponses d'Eve dans cet article.
  2. Végébon
  3. Dans la poche du marsupial, le blog de Marie
  4. Le bruit des images
  5. Minuscule infini - lire les réponses d'Alys dans cet article
  6. Merci qui? Merci Montessori.
  7. Sew liberated
  8. How we montessori
  9. An everyday story
  10. Sain et gourmand (mais ce blog semble hiberner...)
  11. En chemin vers une éducation bienveillante (oups, ce blog a subitement disparu quelques jours après sa nomination, l'auteure ayant décidé de se consacrer à sa famille)
Les onze questions que je leur pose:
  1. Quelle est la petite phrase de sagesse qui vous inspire et qui vous guide au quotidien ou dans les temps de crise?
  2. Quel est le livre qui a marqué un tournant dans votre vie?
  3. Pourquoi bloggez-vous?
  4. Prenez en photo le lieu où vous bloggez ou décrivez-le.
  5. Comment sélectionnez-vous vos projets? Avez-vous une bonne recette pour poser un choix avec quiétude?
  6. Que faites-vous pour garder votre calme et un état d'esprit positif quand le comportement de vos enfants vous fait atteindre vos limites?
  7. La spiritualité a-telle une place dans votre vie? Si oui, comment l'intégrez-vous à votre vie de famille / comment la transmettez vous à vos enfants?
  8. Pour les végétariens/végétaliens: quelle est votre recette délicieuse et rapide du moment? Pour les omnivores, je reprends la question de Larissaqu'est-ce qui vous attirerait vers une alimentation qui repose moins sur les animaux?
  9. Comment trouvez-vous un équilibre entre les différent rôles que vous jouez (parent, amoureux/se, travailleur/se, etc.)?
  10. Quel est le voyage qui vous a le plus marqué et pourquoi?
  11. Si vous gagniez un million d'euros à la loterie, qu'en feriez-vous?
Bon, il ne me reste plus qu'à traduire tout ça en anglais :

1. What is the wisdom sentence that inspires you and guides you in your everyday life or in time of crisis? 

2. What is the book that marked a turning point in your life? 

3. Why do you write?

4. Take a picture of where you write or describe it. 

5. How do you choose your projects? Do you have a good recipe to make a choice that your mind and heart is at peace with? 

6. How do you do to keep your calm and positive state of mind when your children's behavior makes you reach your limits. 

7. Is spirituality has a place in your life? If so, how do you integrate it in your family life / how you pass it to your children? 

8. For vegetarians / vegans: what is your delicious and quick recipe of the moment? For omnivores: What would attract you to a diet that relies less on animals? 

9. How do you find a balance between the different roles you play in life (i.e parent, lover, worker, friend, etc.).? 

10. Which journey marked you the most and why? 

11. If you won a million euros in the lottery, what would you do? 


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