samedi 15 juin 2013

Communication non-violente: l’écoute des sentiments

La semaine dernière j'ai participé au premier atelier de communication non violente (CNV) à l'usage des parents que Pauline a mis sur pied. L'atelier est animé par la pétillante Jessica Cuvelier que j'ai hâte de découvrir plus.

J'ai envie de partager mes notes succinctes ici après chaque cours pour mieux intégrer les concepts et laisser une trace (en plus du "cahier de travail" que nous avons reçu) pour les autres participants et pour mon super mari :) 

Je ne vais pas expliquer les concepts, ni "comment faire" car il existe de nombreux ouvrages sur la CNV, comme Parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent de Faber et Mazlish, dont est inspiré l'atelier.  Donc, mes notes sont sûrement beaucoup trop brèves pour les utiliser telles quelles si vous n'avez jamais entendu parlé de CNV. 

J'espère que ça vous incitera à en savoir plus :)

Reconnaître et écouter les sentiments:


Nous ressentons une palette très large de sentiments. Avoir à porter de main une liste de sentiments aide à affiner notre vocabulaire, à mieux cerner ce que nous / les autres ressentent et aider l'enfant à reconnaître et mettre des mots sur ce qu'il ressent. On trouve une liste gratuite en PDF sur le site de Groupe Conscientia. Idée : l'afficher dans les toilettes. 

Il peut sembler peu naturel de s'exprimer en "mode CNV" au début. Les enfants sont plus tolérants que les adultes et très reconnaissants qu'on les écoutent enfin ! Il est important de conserver notre authenticité car les mots sont juste 10-15% de notre expression (= importance du langage corporel). Soyons doux avec nous-même. Il ne faut pas se mettre la pression ou viser la perfection. La CNV s'est comme apprendre une nouvelle langue : nous garderons toujours un accent mais la génération suivante n'en aura pas! 

Nier les sentiments d'un enfant entraîne à la longue une baisse de son estime de soi et un repli sur lui-même ou une augmentation de la violence. En caricaturant on voit se dessiner 2 portraits typiques d'adolescents (révolté / fuyant).

On peut accepter tous les sentiments mais pas tous les comportements

Note personnel: faire la liste en famille / en couple des règles importantes (qui sont nos limites, ex: ne pas jouer avec la nourriture, attendre pour traverser la rue...). L'illustrer pour les petits. L'afficher.

L'empathie ce n'est pas la pitié: 



L'oeuf émotionnel : l'enfant ou l'adulte en crise n'a plus accès à son intelligence rationnelle, il est dans l'émotion pure, donc raisonner ne sert à rien. Il faut l'aider à vider son trop plein émotionnel par les pleurs ou la parole.
RQ: Il n'est pas possible d'écouter les sentiments d'autrui si notre oeuf émotionnel est plein... Donc : respirer, s'isoler 2 minutes, passer le relais, crier dans un coussin, prendre soin de soi chaque jour, etc...(outils à découvrir dans un prochain atelier)


Un enfant qui se sent écouté et en sécurité pour déverser ce qu'il a sur le coeur va souvent redoubler de pleurs ou parler d'avantage. Rq: Les adultes ne sont pas habitués à être vraiment écoutés et peuvent se sentir manipulés...


Outils pour éviter les débordements émotionnels


  • Écouter vraiment : arrêter son action (arrêter de peler les carottes!), le regarder, s'abaisser à sa hauteur, se taire.
  • Se taire : écouter en silence tout en étant présent et en empathie. En voiture / vélo on peut dire "oh, ah, humm..." comme au tél avec un ami qui s'épanche. Pas de conseils! (cf échelle de l'empathie) Pas de questions! (pourquoi? = rationnel v émotions)
  • Nommer le sentiment :  utiliser la liste des émotions et suggérer (sans figer / déterminer) tu as l'air... je te sens... ça doit être... cela semble... j'entends que..
  • Utiliser l'imaginaire : "si j'avais une baguette magique je..." "comment te sentirais-tu si..."
A éviter : vouloir gagner du temps: une action à la fois, répondre au tac-au-tac...
Note personnelle : développer notre pleine conscience.



Remplacer le "mais": 

Pour remplacer le « tu as l’air… mais je …. » (qui casse tout l’effort de la première partie), essayer : « tu as l’air… même si… » ou « tu me sembles… le problème c’est que… »

Par exemple : « tu as l’air fâché même si tu sais bien que je vais partir » – « tu me sembles fâché, le problème c’est que je dois partir ».

Versus : « tu as l’air fâché mais je vais partir, d’ailleurs je suis en retard, et je t’avais prévenu que je sortirai ce soir, pourquoi c’est toujours aussi compliqué avec toi… blablablabla »



Nous sommes des parents conscients:

Note personnelle: cf la liste de discussion éponyme créée par Catherine Dumonteil-Kremer.

Il y a 4 stades de "parental awareness":
  1. être inconsciemment incompétent
  2. être consciemment incompétent
  3. être consciemment compétent
  4. être inconsciemment compétent
Note personnelle: Simpliste... à contrebalancer avec la mère suffisamment bonne de Winnicott...





4 commentaires:

Larissa a dit…

Merci pour ce retour d'expérience.
J'avais lu le Faber Mazlish il y a quelques années et avais adhéré à leur approche, mais elle me semblait difficile à appliquer avec des tous petits.
Aujourd'hui, avec deux enfants, je me rends compte que je me laisse souvent déborder.
Je pense que la notion d'oeuf émotionnel est la clef, et qu'en tant que parent on oublie souvent de vider son propre sac. J'en prends bonne note, et vais de ce pas m'occuper du mien!

Anaïs a dit…

Merci Larissa! Je découvre ton blog Bruxelles * Vega. J'ai hâte que Nelson dorme pour pouvoir le lire!

Nathalie a dit…

Oh quelle bonne idée de partager tes notes! Je regrette de na pas avoir pu suivre les ateliers avec vous et du coup, je peux un peu en profiter! Merci!

Remi le coach des Parents a dit…

Un grand classique, et un malentendu. Empathie est grec, im pathos, et signifie "entrer dans la douleur de l'autre". C'est un transfert à... ne surtout pas opérer, il est réservé au comédien qui prend sur lui pour interprêter. La douleur d'autrui, nous avons à la combattre. Or, si on entre dedans, une fois qu'on y est, on est coincé: on supporte avec l'autre, ce qui ne l'aide pas, on est accablé,on n'a plus le moral et la ressource. Mot très maladroit donc. Nous expliquons que c'est le mauvais choix, certes à la mode... comme un tas de mots surgis de nulle part. Mais il y a un mot beaucoup plus juste, et oublié, c'est "sympathie", sum pathos, la "douleur avec", on sympathise à la douleur provoquée par un décès, on dit fort justement "vous avez toute ma sympathie". On est là ^coté de la personne, mais on garde sa lucidité pour mieux trouver la solution, le mot réconfortant.
Nous avons expliqué cela à un congrès de coachs, ce qui a conduit certains à se demander d'où venait ces mots: c'est en fait pour mieux vendre des séances, faire plus "spécialistes". Mais la langue et l'étymologie sont beaucoup plus profonds et riches.
Nous avons fait cette remarque sur notre blog: http://l-ecole-a-la-maison.com/francais-vocabulaire-et-syntaxe.html
Cordialement et syntaxiquement vôtre.

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