lundi 2 décembre 2019

Les défis du nomadisme en famille

Article parut dans Grandir Autrement n° 78 dans le dossier "La Vie Nomade"et disponible gratuitement en ligne iciCe numéro est disponible à la vente en version papier pour 6,50€ ou en version numérique pour les abonnés.
Superbe illu par mon amie Luraya : www.luraya.com

Le nomadisme fait rêver. Retourner à notre nature ancienne, vivre la slow life au rythme des saisons, se nourrir de grands espaces et de rencontres profondes avec soi et les autres… Ces dernières années, les récits d’épisodes nomades en famille se font plus visibles sur les réseaux sociaux et dans les médias. Qu’elle soit une réponse poétique, engagée ou aventureuse, la vie nomade quand on a vécu en sédentaire est un défi. Et avec des enfants ? Zoom sur les challenges de la route en famille, avec Yannick, coach, papa de la tribu MYTAE1 sur la route depuis sept ans, Lu2, illustratrice, prof de yoga et maman de Yuma, 18 mois, de retour après cinq mois de van life à trois, et Marina3, doula, qui vient de prendre la route seule avec sa fille, Rosa Cali.
Nomade depuis sept ans, la famille MYTAE – Maude et Yannick, les parents, Théo, 11 ans, Arthur, 8 ans et demi, et Emy, 4 ans et demi – pourrait se vanter d’une belle collection de hashtags. Leur authenticité, leur présence chaleureuse et simple, ouverte, touche au cœur et invite, en résonance, à se déposer dans la rencontre.
Sur leur premier blog, « La roulotte qui gigote »4, devenu livre, ils racontent trente mois au pas des chevaux, en roulotte tractée. Après la naissance d’Emy, la famille aménage un car scolaire – de douze mètres de long et quatorze tonnes – et sillonne pendant deux ans la France et l’Espagne. À la demande des enfants, ils expérimentent quelques mois la vie sédentaire puis repartent en Grèce en 4×4 agrémenté d’une tente de toit. Avec ce nouveau mode de transport et d’habitat « minimaliste », ils goûtent à plus d’autonomie et d’accès au sauvage. En revenant à l’essentiel (se loger, se nourrir, être en sécurité), les MYTAE on appris « à voir avec le cœur. On met plus en avant ce que l’on vit et ce que l’on est que ce que l’on fait ».
En partenariat avec Grandir Autrement, Yannick partage en podcast toutes les astuces de leur famille pour transcender les défis du nomadisme.
Voici quelques morceaux choisis rassemblés autour de quatre challenges quotidiens.
  • Le mouvement permanent : « Les changements de repères demandent de développer une grande capacité d’adaptation. Nous avons appris à nous satisfaire de ce qui est, puisque de toute façon c’est pour une période courte. Les enfants nous ont beaucoup aidés. Ils sont satisfaits à peu près partout : sable, forêt, prairie… Ils jouent avec ce qui est. Même si c’est un parking, c’est l’occasion pour eux de faire de la trottinette ! ».
    Sur la route, Yannick et Maude on appris que rien n’est figé. Pour résoudre les défis du quotidien aussi : « Lorsqu’on essaie de cristalliser une solution on ne perçoit plus l’étendue des possibles. Ce qui était inimaginable il y a sept ans est possible aujourd’hui. On se laisse guider par notre cœur, ça  transcende notre réalité, notre quotidien, et nous donne une grande confiance. »
  • Du temps pour soi : « Vivre vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans un espace restreint entre adultes et enfants mélangés demande aussi une bonne dose d’adaptabilité ! Comment dans cet espace-là chacun peut exister individuellement ? » Yannick, par exemple, a appris à s’isoler avec de la musique et à adapter son rythme en se levant tôt et se couchant tard.
  • La promiscuité : Dans cette vie rapprochée où temps et espace sont partagés quasi en permanence, les MYTAE ont mis en place un système de communication familiale et des outils pour libérer les émotions. « Avec le bâton de parole, on offre un cadre où les enfants partagent ce qu’ils ne diraient pas forcément en dehors. Ça leur permet de nous donner des clés, d’exprimer quand ils veulent s’arrêter ou repartir. On ouvre ce temps, comme un rituel. La parole circule avec un bâton décoré par les enfants5 ».
    En amont des cercles de parole, Yannick et Maude veillent à ce que chaque membre de la famille puisse libérer ses émotions, par le jeu, la course… « Si on n’octroie pas de temps et d’attention aux enfants, leur réservoir affectif est vide et plus rien ne fonctionne. Le contact avec la nature aide aussi, nous calme, nous apaise, développe notre intuition. On a de toute façon une obligation d’être dehors, surtout en 4×4 ou avant avec la roulotte. On veille aussi à respecter les temps de sommeil et les besoins de nourriture de chacun. Toutes ces années nous ont appris cela. »
  • Du temps pour l’intimité du couple et la sexualité : quand on est jeunes parents, il n’est pas toujours facile de trouver du temps pour le couple. Sur la route, la promiscuité et le « mode survie » rendent la tâche parfois plus difficile. Attendre le soir, que les enfants dorment « permet le jeu, de laisser monter le désir sur la journée. » Mais la fatigue physique et nerveuse que peut générer le nomadisme rogne parfois les soirées. Là encore, Maude et Yannick on appris à désamorcer des conflits naissant pour éviter d’arriver à saturation et préserver du temps pour le couple-amants. À ce sujet aussi ils ont cheminé. Yannick propose désormais, en co-création, une formation en sexualité authentique à l’intention des parents6.

LU : LES LIMITES DE LA FUSION

Lu est de retour en Allemagne avec son fils de 18 mois après cinq mois sur les routes au Portugal. Avec son compagnon, Mark, ils cherchent un terrain pour lancer leur projet dédié au yoga et au tantra. La van life leur a offert de beaux cadeaux : « Ce temps tous ensemble était très précieux, nous avons visité des projets formidables, nous avons été très libres ». Mais au quotidien, les contraintes sont trop nombreuses et ils décident de se séparer géographiquement le temps de retrouver une certaine autonomie : « Ce qui nous manquait le plus, c’est du temps pour nous-mêmes à l’intérieur, dans un endroit à soi, et la possibilité de poser un choix individuel. C’est déjà un challenge en tant que parent, mais quand on vit en van, la maison est aussi la voiture familiale… Donc toute la famille doit se déplacer pour les courses, pour une visite à un ami… Trois individus vivant comme un seul organisme, c’est un challenge ! »
Mark souffrait de ne pas pouvoir écouter sa propre voix, de ne pas pouvoir penser au-delà des besoins immédiats de la famille. « Écouter les besoins de notre fils, c’est normal, mais c’est bien de pouvoir parfois alterner : qu’un parent s’y consacre pendant que l’autre se nourrit d’autre chose. Pendant ces cinq mois, nous étions tous les deux constamment dans cette bulle sans pouvoir s’en détacher. Une bulle de six mètres carrés avec seulement un mètre carré où tenir debout ! Même si on adore vivre dehors, parfois tu veux être chez toi. À la fin, Mark est tombé malade et a mis longtemps à guérir car il n’avait pas l’espace pour », explique Lu.
Ce que Lu décrit, beaucoup de familles vivant en camping-car, camion aménagé ou van le déplorent, surtout quand l’aventure s’étire au-delà de la belle saison. La caravane permet de scinder l’habitat du mode de transport, mais passe moins facilement partout… D’où l’utilité de prendre le temps, en amont, de lister nos besoins, individuels et familiaux, pour trouver ce qui nous conviendrait le mieux et, comme les MYTAE, s’offrir la liberté, au fil de l’expérience, d’adapter ou changer de « monture » pour retrouver la joie de rêver !

MARINA : MAISON-CABANE

Marina, doula, maman solo d’une petite fille de 18 mois, est sur la route, en van aménagé, depuis un mois entre la France et le Portugal à la recherche d’une communauté de parents : « Je n’ai pas l’impression de manquer d’espace : on a toute la nature pour nous ! Ma fille adore le van, c’est sa maison-cabane. Elle est très calme quand je conduis, elle dort ou elle regarde autour… J’ai eu l’expérience avec d’autres enfants où je devais me retourner tout le temps et ça, seule, oui c’est difficile ! Un challenge au quotidien c’est que ma fille est collée à moi, pour tout, puisque je suis son principal repère. »

vendredi 19 juillet 2019

Allaiter et...

Je suis plongée dans la rédaction de 3 articles pour le prochain Hors-Série de Grandir Autrement sur l'allaitement, et plus précisément: 
- se soigner quand on allaite, 
-l'alimentation de la femme allaitante
- et sexualité et allaitement.

Sur la sexualité après la naissance et pendant l'allaitement, voici 2 vidéos de Manon, doula féministe, qui réalise un bel exercise de déconstruction des idées reçues à la portée de tous. Merci Manon d'avoir partagé ces petites pépites.

Si vous avez envie vous aussi de partager des pistes, sources, expériences, n'hésitez pas.

NB : pas besoin d'avoir un compte Instagram pour les regarder.



Marie Fournier, doula : un portrait

Je partage avec vous cet article publié dans le dossier "Sage-femmes/doulas" du magazine Grandir Autrement n°68Janvier/février 2018. 6,5€
Marie Fournier exerce à Bruxelles. J'ai  eu la chance de la rencontrer en 2013 dans un cycle d'atelier Faber& Mazilsh* (communication non-violente). Une belle âme à découvrir.

Doula… Doux, là… Une présence apaisante, proche, respectueuse de la mère et de son/sa partenaire, gardienne de leur liberté de choix, marraine-fée du cocon familial qui se tisse, voilà ce qu’est une doula. Nous avons rencontré Marie Fournier1, mère de deux enfants, accompagnante périnatale et parentale bruxelloise, formatrice en langage des signes pour bébés et en communication connectée, thérapeute psychocorporelle.
  • Grandir Autrement : Raconte-nous comment tu es devenue doula. Comment cela s’inscrit-il dans ton cheminement personnel ?
    Marie Fournier :
     Quand je suis tombée enceinte en 2011, j’étais en thérapie avec une femme qui proposait aussi du chant prénatal dans un centre dédié à la périnatalité2. J’y ai découvert l‘accompagnement global proposé par les sages-femmes indépendantes. C’était tellement précieux que la même personne soit présente du début à la fin, le respect de la physiologie, le non-jugement… Notre sage-femme nous donnait des informations diverses pour que nous fassions nos propres choix. Après la naissance, nous ne savions pas ce que l’arrivée de notre enfant allait nous raconter de nous-mêmes et de notre propre histoire. Elle nous a rassurés. J’ai aimé son approche et ça a fait son chemin en moi.
    Avec mon fils, Léo, j’ai fait mes premiers pas vers le maternage proximal. C’était tout nouveau pour moi. Il a fallu faire face à mes propres conditionnements et à l’entourage.
    J’étais professeure dans l’enseignement spécialisé et choquée par la violence des adultes envers ces jeunes issus de milieux déjà difficiles. En devenant maman, ça m’est devenu insupportable. Quand Léo a eu 6 mois, j’ai décidé de me former au métier de doula. En attendant la rentrée, j’ai appris le langage des signes pour bébés, que j’ai utilisé avec Léo et commencé à enseigner aux familles.
    Quand la formation de doula a débuté, ce qui m’intéressait, c’était d’être aux côtés des familles pour les aider à faire des choix libres des injonctions dominantes. Je me suis impliquée dans l’association belge Alter-Natives3, pour informer les parents des tenants et aboutissants des actes médicaux, pour qu’ils puissent faire des choix éclairés.
    Durant la formation, j’ai rencontré Hélène Gérin4 qui m’a parlé de la communication connectée. Pour moi, il était évident qu’on pouvait s’adresser à une part profonde de son enfant. Ma conscience s’est ouverte de plus en plus à l’intelligence et la richesse intérieure des bébés, à leur potentiel à nous faire évoluer.
    En 2013, je suis tombée enceinte et j’ai quitté mon travail. J’ai cheminé vers l’accouchement à domicile, avec la même sage-femme. Quand Loup est né en septembre 2014, j’étais doula en exercice depuis février. Cette naissance m’a mise en contact avec la puissance du féminin, la force de nos intentions et aussi de nos conditionnements. J’ai gagné une plus grande confiance en moi et en la vie. Avec Loup, j’ai poursuivi mon cheminement vers le maternage proximal. Il ne voulait pas être posé et a pleuré pendant six mois…
    Un an après sa naissance, j’ai commencé une formation de trois ans comme thérapeute psychocorporelle, d’abord pour moi, pour être plus dans mon corps. Tout s’est enchaîné de manière fluide.
  • Qu’est-ce qui t’anime le plus dans ton métier de doula ?J’aime accompagner les parents de bout en bout et surtout être présente pour la naissance. Cela crée une bulle, c’est intense, intime. C’est beau de voir comment la relation se tisse et comme ma simple présence pendant le travail apaise les parents. Parfois, quand j’arrive à un accouchement, je les sens très nerveux et puis au bout de quelques minutes, je sens qu’ils se déposent en eux, que le calme vient. Pour une femme, c’est incroyablement précieux de pouvoir être accompagnée à ce moment-ci de sa vie. Chaque femme devrait pouvoir bénéficier d’une personne à ses côtés, juste pour elle, pour son bien-être, que la naissance soit physiologique ou pas.
    Pendant ma formation de doula, j’ai accompagné plusieurs femmes réfugiées via la Croix-Rouge. Certaines ne parlaient pas français et le personnel hospitalier était infect avec elles… J’aurais aimé poursuivre mais en tant que maman séparée et indépendante5, je ne peux plus faire de bénévolat.
    Ce qui me motive, c’est d’aider les familles à remettre en question le prêt-à-penser.
  • Quel genre de demande d’accompagnement reçois-tu ?
    Le plus souvent, ce sont des femmes qui se sentent assez seules ou qui préfèrent être accompagnées par une femme pour la naissance. Ce n’est pas spécialement parce qu’elles n’ont pas de partenaire, mais souvent, c’est parce qu’il y a déjà eu des naissances et que celles-ci n’ont pas été bien vécues, notamment dans le lien au partenaire.
  • Justement, quel lien se crée-t-il avec le/la partenaire, l’accompagnement le/la prend-il aussi en compte ?Oui, tout à fait, je guide les partenaires de manière douce et les encourage à être présents. Je ne suis pas du tout là pour prendre la place du futur père ! Au contraire, je lui donne toute sa place en l’informant de ce qu’il peut faire pour accompagner sa compagne.
  • Comment la relation avec les parents se tisse-t-elle ? L’accompagnement est-il défini au début ou se dessine-t-il au fil de la grossesse ?C’est un accompagnement à la carte en fonction de chaque femme et de ce qu’elle traverse. Parfois, les rendez-vous ont lieu toutes les semaines, parfois toutes les trois semaines. Certaines viennent avant la conception, d’autres pendant un moment particulier de la grossesse pour travailler sur une peur, par exemple. Là, j’utilise la respiration consciente (pour retraverser ses peurs, sa propre naissance…) et ma casquette de thérapeute psychocorporelle. Je propose aussi des séances de communication connectée qui trouvent leur place dans l’accompagnement.
  • Ton offre s’est enrichie de tes pratiques et ton cheminement. Il y a une très grande diversité d’offres chez les doulas, en fonction des dons de chacune…Oui, la formation est large, j’y ai surtout appris l’accueil, l’écoute et le non-jugement. Chaque doula apporte ses spécificités en fonction de ce qu’elle développe de manière parallèle. Je propose des accompagnements et des formations à la communication connectée et à des techniques psychocorporelles, là où d’autres proposeront du portage, des ateliers de massage pour bébés, des conseils en Fleurs de Bach ou de l’hypnose prénatale6… Je crois que chaque femme tombe sur la doula dont elle a besoin. Et puis, la réalité est que la plupart des doulas ont besoin d’avoir un autre travail à côté car elles vivent difficilement des seuls accompagnements. L’accompagnement en tant que doula uniquement ne constitue pas la majorité de mes consultations. C’est aussi une activité difficile à concilier avec la vie de famille, encore plus si on est seule avec ses enfants.
  • Comment t’organises-tu alors ?Pour la naissance, je m’engage à être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant les deux semaines autour de la date prévue d’accouchement. Durant la grossesse, les femmes viennent à mon cabinet, sauf quand elles doivent être alitées. En post-partum, je me déplace.
  • Comment cela se passe-t-il à l’hôpital avec l’équipe médicale ? Et à domicile avec les sages-femmes ?À l’hôpital, j’ai toujours été très bien accueillie, même quand il y a un protocole du type « pas plus d’un accompagnant dans la salle de naissance ». J’ai remarqué que les sages-femmes hospitalières sont soulagées. Elles savent qu’une doula leur apporte un relais, qu’elles peuvent se décharger de l’accompagnement émotionnel en quelque sorte. À la maison ou à l’hôpital, je ne prends pas de place spécifique : j’observe, je suis présente et je m’adapte aux besoins de chacun.
  • C’est une sorte de danse entre toi et les personnes présentes.Oui, ça se fait naturellement. Parfois, je sens que je peux apporter un élément, un mot, un chant, une main posée… C’est très fluide. Une phrase peut libérer la mère d’un blocage. J’ai remarqué que le lien entre les femmes et moi était différent de celui qu’elles tissent avec la sage-femme. Elles se confient comme à une amie.

www.naitre-parents.be
www.naissentiel.be
www.alter-natives.be
4 Co-auteure des livres J’ai tant de choses à dire, Éditions Souffle d’Or (2012) et Ton cœur me parle et j’ai appris à l’écouter, Éditions Mille et Une Pépites (2016).
5 C’est-à-dire auto-entrepreneuse.
6 Ndlr : Il existe aussi des doulas qui ne proposent pas d’accompagnement thérapeutique, quel qu’il soit.

mardi 14 mai 2019

A Spiritual Perspective on Periods and Menstruations

Passées les premières minutes de cours de bio cette vidéo est un très bon éclairage sur le cycle menstruel et les lunes, comment mieux les vivre dan sure société patriarcale, sur leur pouvoir symbolique et énergétique.



Highly recommended, in english.



mercredi 17 avril 2019

Egalité femmes / hommes : d'autres liens

campagne de promotion du congé parental pour les pères (1978 - Norvège)
tiré du blog Barbe à Papa

Allez encore des liens pour élever nos consciences et changer de regard :

Détend-toi, L'attente et autre perles dans les BD d'Emmaclit l'actrice d'albums féministes sur la charge mentale notamment. Son blog est un régal.



Le blog d'un père français en congé pat' en Norvège : Barbe à Papa

Un magazine pour les pères : Daron magazine

Un nouveau magazine d'empowerment pour les filles de 7 à 14 ans : Tchika à soutenir chez Ulule.





Les masculintés en jeux - Atelier théâtre

photo : Samantha Sophia

L'association Le Monde Selon les Femmes organise cet atelier que je partage avec joie avec vous.
"C’est quoi être un homme ? Quel est le chemin socialement prédéfini dès la naissance ? Les stéréotypes de genre formatent nos conceptions, nos attitudes, nos regards au monde. Etre un homme, au-delà des pressions pour se conformer à un modèle toxique, c’est aussi une série de privilèges. Comment les voir lorsqu’ils ont toujours été vécus comme acquis « naturellement » ? Comment remettre en question la « masculinité hégémonique » ? Comment l’identifier dans nos luttes quotidiennes ? Quels sont ses rites, ses mythes et ses conditions ?
Autant de questions que nous aborderons ensemble lors d'un atelier de théâtre organisé par Le Monde selon les femmes. Théories féministes et études sur les masculinités seront nos cadres d'analyse.
Ce weekend constituera également une inspiration pour la création d'un outil pédagogique.
L'atelier est à destination de toutes personnes se définissant comme hommes. Les hommes cis et trans, les personnes non-binaires et genderfluid qui souhaitent déconstruire la masculinité à la première personne sont les bienvenues." 
En pratique :
Quand ? Samedi 4 et dimanche 5 mai de 10h à 18h. Un lunch est prévu pour le midi. 
Où ? Maison des Femmes de Schaerbeek. Rue Josaphat 253, 1030 Schaerbeek
L’atelier est gratuit, se déroule en français et s’adresse à un public adulte.
Informations et inscriptions : alex@mondefemmes.org

mardi 2 avril 2019

Couple et genre... sexisme et construction sociale

Après la slow-life, je me penche pour Grandir Autrement sur les questions de genre dans le couple. 

Je commence mes recherches et partage avec vous :

Cette vidéo vraiment à regarder et partager sur l'effet des blagues sexistes sur le comportement futur de nos enfants : comment nos filles se limitent et ont peu confiance en leur capacités intellectuelles et comment nos fils perpétuent la domination masculine.

"On peut se demander comment une simple blague peut être mortelle. Pourtant c’est ce qui se passe tous les jours à travers le monde. Anne-Cécile Mailfert nous explique l’effet papillon que déclenchent ces blagues et les effets qu’elles ont sur les gens dès le plus jeune âge."





Domination masculine ou "valence différentielle des sexes", terme crée par Françoise Héritier.

 "...ce qui fait échouer la transposition de la lutte des classes vers la lutte des sexes, c’est une dimension unique du rapport de genre : la reproduction.
Pour Françoise Héritier, la construction hiérarchique qui place le féminin sous le masculin procède de la nécessité pour les hommes de prendre le contrôle de ce qu’il leur est impossible sans passer par le corps d’une femme : se reproduire. « Parce que les hommes n’enfantent pas directement avec leur propre corps, alors que les femmes enfantent des filles et des garçons, ils ont fait en sorte que les corps féminins soient à leur disposition. » (...)

La domination masculine est ensuite l’expression de tous les moyens et de toutes les formes de cette mise à disposition : limitation des libertés des femmes, insécurisation dans l’espace public, écarts de traitement, résistance à l’autonomisation (financière, et pas seulement) des femmes, sexisme et essentialisation systémique etc.

(...) *C’est bien un frein socio-culturel à « l’être soi » authentique que cette valence différentielle des sexes actionne, obligeant les hommes à être “des hommes, des vrais”, selon les codes traditionnels de la masculinité et condamnant les femmes à être moins que des hommes si elles s’inscrivent dans les codes traditionnels de la féminité sans pour autant gagner en reconnaissance si elles empruntent les codes de la masculinité.* 

Ceci amène à deux types d’action nécessaires :

1/ axer la lutte contre les stéréotypes non tant sur leur élimination (car c’est assez illusoire) que sur la neutralisation de leurs effets valorisants/dévalorisants.
2/ reporter l’appréhension de la valeur des individus (traditionnellement évaluée par des critères objectivés et/ou inconscients de confirmation aux attentes) sur la valorisation de leur authenticité et de leur potentiel à developper une diversité intérieure (c’est à dire une agilité à jouer de tous les codes et sur tous les registres en fonction des contextes). 
Cela implique bien sûr de la part des organisations de vraies politiques d’inclusion autorisant chacun.e à être soi-même pour donner le meilleur de son potentiel au collectif."

Source : Programme EVE pour le leardership féminin créé par des femmes travaillant dans de grosses multinationales loin d'être éthiques... Leur site regroupe pas mal d'infos et peut-être qu'elles les moyens pour faire bouger les choses.




- une vidéo de Carlos Tinoco, professeur très enthousiaste qui transmet son message avec une clarté et une passion stimulante (attention, il faut toutefois dépasser les 5 premières minutes de discours un peu flou...)



Rq : Je découvre que Carlos Tinoco est le co-auteur d'un livre sur la douance (Les surdoués et les autres, - Penser l'écart, chez Lattès, ) et de nombreuses vidéos au traitre évocateurs sur les perspectives anthropologiques, philosophiques et politiques de la douance (voir sa chaine Youtube). J'ai bien envie de regarder Douance, dilletentisme et papillonnage :) 




J'en profite pour rappeler que Grandir Autrement a vraiment besoin de vos abonnements... 
Le site internet est désormais plus performant et il est plus facile de s'abonner ou d'abonner quelqu'un :) 

Merci !

dimanche 3 mars 2019

Un café-poussette à Bruxelles : soutenir la ré-ouverture du Haricot Magique




Une jeune maman Bruxelloise, Rachida, m'a contactée récemment pour relayer son super projet : ouvrir à nouveau le Haricot magique, le seule café-poussette bruxellois fermé en juillet dernier.

Rachida a trouvé un espace à Ixelles, par le biais de See U, et lance un crowdfunding (une levée de fonds) auquel vous êtes invitez à participer iciL'inauguration du site est prévu pour le printemps 2019.

Voici toute les infos :)


Rachida : 


"Pourquoi ai-je décidé d'offrir au Haricot Magique une deuxième vie? Je ne surprendrai personne en dévoilant que c'est suite à ma vie de jeune maman bruxelloise que j'ai découvert le café poussette. En le fréquentant, j'y ai rencontré d'autres jeunes parents isolés, mon bébé y a suivi ses premiers ateliers (éveil muscial, psychomotricité etc.) et comme il n'existait aucun autre espace aussi bien pensé pour les loulous, je ne pouvais qu'en faire mon QG ;-) Lorsqu'au printemps dernier, j'ai appris qu'il allait fermer ses portes, je n'ai pas hésité à me lancer à sa rescousse! Je ne pouvais imaginer et encore moins accepter que le SEUL café poussette bruxellois disparaisse alors que la demande pour ce type d'espace à Bruxelles est criante. C'est comme ça qu'a débuté mon aventure de (entrep)repreneure ;-)"

Son projet :

"Le seul café poussette bruxellois: le "Haricot Magique" a fermé ses portes en juillet dernier. Mais qu'est-ce que c'était au juste?
* un espace pensé pour les familles où il fait bon se poser le temps de déguster boissons et petite restauration, partager des bons plans entre parents ou encore jouer avec ses petits copains.
* on y trouve tous les équipements et infrastructures qui riment avec une sortie réussie : parking à poussettes à l’entrée, grands espaces pour déambuler entre les tables, chaises hautes et rehausseurs, four à micro-ondes en libre-service, vaisselle et couverts adaptés, coins de table sécurisés, table à langer...
* un espace jeux spécialement dédié aux enfants qui permet aux parents de savourer un moment de quiétude pendant que les petits s’amusent. On y trouve un parc pour les plus petits, des tapis de psychomotricité, des coussins et un canapé, des jouets d’éveil et de construction, une bibliothèque regorgeant d’imagiers et de belles histoires pour les Haricots ;-)
C’est avant tout un café où les parents peuvent sortir avec leurs enfants sans craindre de déranger par le bruit, d’encombrer avec leur poussette, de ne pouvoir changer ou allaiter leurs enfants ou de devoir amener de quoi les occuper. Les futurs parents, parents ou les grands-parents, peuvent enfin se détendre s'ils décident de sortir avec leurs loulous !"


Les fonds seront utilisés pour :

La levée de fonds servira donc à aménager l'espace afin qu'il soit accueillant et cosy pour répondre au besoin des jeunes parents en quête d'un havre de paix baby friendly. 
L'aménagement prévoit notamment: 
  • Peinture                                                                        
  • Revêtement des sols
  • Mise en place de cloisons
  • Rafraîchissement et adaptation des sanitaires                                    
  • Installation d'un espace ateliers pour bébés/enfants        
  • Installation d’un espace pour les fêtes
  • Rénovation acoustique
  • Isolation
  • Eclairage spécifique
  • Divers (platrerie, menuiserie, carrelage…) 
Le montant des travaux sera certainement supérieur à l'objectif fixé. Votre aide précieuse permettra tout de même d’amortir le coût de ces travaux. 
L'inauguration du site est prévu pour le printemps 2019.



lundi 18 février 2019

The sleep of our children

J'ai traduit cet article Le sommeil de nos enfants en anglais pour un site anglophone.
Le voici pour vous aussi, pour partager avec vos amis qui ne lisent pas le français.
Sleep-related issues are at the center of family life, especially for the mother as they often start before birth. Nocturnal awakenings during pregnancy, due to the baby’s movements and the growing discomfort of lying down, suggests that Nature prepares us little by little to the next years of sleep shared with the child.
It may be a fact totally new to you but a child who does not sleep all night trough before 2 years is totally normal ! Even after 2 years, worrying or trying to make a child sleep by using a method or another is just a way to complicate your life and the life of your child. 
Some methods, such as 5-10-15 or “Cry It Out” (widespread methods which consist in letting a baby or child cry alone and check her/him after a certain time that gets longer and longer to train her/him to stop by herself/himself…) affect deeply children’s self-confidence and their ability to trust in life and in those who love them, their ability to connect and their capacity for empathy. Neurosciences discoveries on the importance of providing an emotionally safe environment to support the child development are now widely spread.
What we want ultimately is to translate in our parenting practices the expression of our unconditional love for our child, even if parenting bring up many challenges, stress, unmet needs and despair moments. When we are sleep-deprived, we are more prone to take advices from doctors or education “professionals” that does not resonate deeply within ourself. The best advice you can get is from your heart, as it knows your child more than anyone else can.
I understand the exhaustion of the interrupted nights for that I experienced the myself as a mother of two. Baby and toddler’s crazy sleeping patterns, family stomach flu party, nightmares… Children often express at night or bedtime what bothered them during the day. Sometimes, they use night-time to get the presence and attention they lacked during the day.

Check-list : what prevent my kid to sleep better?

Here is some questions to find out what is the need of your child when she/he wakes up at night.


Need to be breastfed : If you are breastfeeding, you may think that weaning your child at night will solve the problem… It does not ! At least not before the child would reach the age when her/his inner rhythm aligned with our social organisation of sleeping time (for my kids, 2 years for one and more for the other). Note also that the circadian rhythm start developing after 6 weeks, so newborns sleep patterns are naturally messy ! There are many reasons for nocturnal awakenings and the need to be breastfed gathers a whole series of needs :need of attention, contact, tenderness, need to be seen/acknowledged, thirst, hunger, need of antibodies to fight against an undeclared sickness, virus or germs, need to pee (but the child do not necessarily know how to ask when half-asleep, in the dark, without words, especially if she/he is not used to being listened to in her elimination needs). I personally think that breastfeeding at night is a super way for mummies and kids to ensure a good night of sleep, providing that you co-sleep with your child and breastfeed without really waking-up (in a sleeping position and in the dark).
Need to eliminate (pee or poo) : It is often the case and one can try elimination communication with babies and little one. (I will write about this topic in another article)
Needs to drink : Keep some water at reach to offer or that your child can take by himself/herself (make sure it’s part of his/her bed ritual : to fill it and to know that it is here close to the bed when he/she needs it).
Need to eat : Providing a snack before going to bed and even during the night can help. Do you know the story of the Night Banana?!..
When my daughter used to wake up too many times (in my perception) and asked for another breastfeed, another mother in a conscious parents group wispered in my ear to offer her a “night banana“…. This idea helped us both a lot because, indeed, she was hungry ! So for few weeks, before going to sleep I prepared half a banana in a small bowl and when she woke up, first I offered her to pee, then the breast, and then, later in the night (for a second or 3rd awakening), if it was not what she wanted, I offered the Night Banana…! She was delighted! Especially since she could take it herself and that it was a special attention made just for her. What magic this little piece of banana did to our night ! 
It did not last long (so I did not have to worry about teeth decay, etc.) and I also paid more attention to her meal in the evening + gave her a snack with vegetal proteins before going to bed. (note: the night banana concept does not work so well with a rice cracker… it’s too noisy and crumblier the bed..)

Need to be reassured : Nightmare, fear of darkness, scary shadows on the walls/curtains, noises at night, disruptive wifi waves, new sheets without the usual-known-family smell (did you use a new ecoproduct or essential oil for the laundry?), new environment, etc.
Need for contact, tenderness : especially for children who do not see their parents during the day, but also when the mother is pregnant, before the arrival of another child in the family, or during any change in the environment or the family dynamics (mourning, moving, traveling, etc.). 
Children are super adaptive but to a certain extend : they need (and are entitled) to understand what’s going on and be reassured. Thus, it is necessary to provide clear explanations to your child during the day with a appropriate vocabulary + to talk to her/him in his sleep to be able to say things that his conscious being of can not understand. This will bring peace to her/his unconscious and soul. When we talk to a child at night during her/his sleep, it is always with kindness, respect and briefly (no need to talk for 30 minutes).

Favorising a certain ritual for bedtime is also quite securing for the child. It's not about rigid routine but more about gentle signals to the child's body-mind that it's time to sleep : less stimulation (light, sounds), reading a story, sharing our gratitude for this day and things that were more difficult or need clarification, cuddling, taking a sound bath with soft healing instruments, massage, warming or cooling bath...
Need to alleviate pain : consider consulting an osteopath or craniosacral therapist specialized in babies / children. Your little one may have a discomfort that disturb her/his sleep patterns. Tensions in the jaws or the skull, lead children to claim more feedings to self-heal themself (with the sucking motion they re-adjust their skull bones).
Need to get rid of pinworms : worms can be really disturbing at night, when they wake up and lay eggs… The discomfort is stronger at new moon and full moon (period of intense spawning). To get rid of it, you can add crushed pumpkin seeds to the child’s food, offer her/him to eat raw carrots and drink infusions of fennel on an empty stomach.

If you have tried all of the above and the sleeping pattern of your child is still chaotic, you can turn to an homeopath or try out energetical approaches : either through the body, with massages such has tuina* or shiatsu* for kids (Traditional Chinese Medicine) or energetical work such as Theta Healing* or Reiki.

Mothering the mother

Do I need to mention that, day and night, parents have to share the care of their children ? In a patriarchal world, attachment parenting can easily lock up women in the traditional role of provider to the needs of all, before thier own needs.
It is essential that the mother’s partner takes his.her full share of responsibility for night care. For example: getting up at 6am with the child while the breastfeeding mother is sleeping longer or making it possible for her to have a nap time alone. 
As I write this, I see again how much the standard family model of 2 adults + kid(s) is a strong and unnecessary challenge (organisationally, emotionally…) that can be alleviate by living in communites and tribes to share the tasks.
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Note : I am a certified shiatsu and tuina therapist and offer sessions for children, adults, pregnancy and birth. I also practice Theta Healing for 2 years on adults and children (through one of the parent if they are young). If you want more info on this technics or book a session, you can contact me on anais(at)anaistamen.com

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