mercredi 14 novembre 2018

Les enfants cuisinent

Illustration  by Eric Palma for the article "My Sons, the Sous-Chefs" by Leslie Kaufman (NY Times)

Mon prochain article pour Grandir Autrement a pour thème les enfants dans la cuisine et plus particulièrement laisser les enfants utiliser les ustensiles de cuisine (y compris four chaud, couteaux coupants, etc.) et/ou chercher du matériel adapté. Si vous avez des pistes, ou si vous souhaitez témoigner,  je commence mes recherches 


vendredi 9 novembre 2018

De la difficulté d'être un parent bienveillant



Comme je vous le disais il y a quelques temps, Grandir Autrement n'est plus distribué en kiosque et à besoin de soutient pour être visible auprès des parents, notamment des nouveaux parents.

Ce numéro est une pépite ! Pour toutes celles-ceux qui, comme moi, peinent parfois (tous les jours?!) à concilier les besoins de leurs enfants avec leurs besoins propres, s'en trouvent frustré-e-s et plus vraiment en phase avec leurs valeurs éducatives... Nous l'avons voulu déculpabilisant et pratique.

J'ai écrit l'article sur la bienveillance dans le couple. J'ai appris beaucoup de choses en interviewant Isabelle de Ridder, une thérapeute systématicienne, maman elle aussi, à l'approche et aux outils très inspirants.

J'ai aussi l'honneur de voir une de mes photos en couverture ! Elle fait parti des shootings que j'ai réalisé pour la série Les dents de lait... à paraître un jour ;)

Pour soutenir Grandir Autrement, vous pouvez offrir des numéros ou des abonnements autour de vous, à vos ami-e-s mais aussi à votre sage-femme ou votre doula par exemple ;) Laisser de vieux exemplaires chez le pédiatre, le dentiste et leur en parler

Les offres d'abonnement sont disponibles ici, un nouveau site plus fourni et plus joli sera bientôt en ligne.

Numéro 73 - novembre/décembre 2018

Sommaire

Grandir au quotidien
Lire et grandir : Sélection de la rédaction
Des lectures qui inspirent notre maternage : La Domination adulte, l'oppression des mineurs - Yves Bonnardel

Naître parents
Naissance : Comment être un parent acteur ?
Pas toujours facile d'être parents : Happynaiss
Chroniques parentales : Pendant qu'ils s'endorment

Dossier : De la difficulté d’être un parent à l’écoute  
Vous avez dit bienveillance ?
Être bienveillant ne signifie pas être parfait
Comprendre nos blessures émotionnelles
Être convaincu pour être vrai
De l'amour et de la confiance comme seule méthode
La bienveillance dans le couple
Apprivoiser sa culpabilité
Comment appréhender les émotions et leur expression avec bienveillance ?
Rester bienveillant malgré le regard des autres
De l'importance d'être bien entouré
Maintenir le cap en cas de désaccord
Cinq mantras à se répéter quand on est sur le point de craquer
La bienveillance en héritage
Maman-Lune : quand nos cycles ne sont pas les leurs
Pour aller plus loin

Grandir et s'éveiller
Éducation : Le bâton de parole
Ils grandissent  : Le collège démocratique
Vu par les enfants  : C'est quoi la bienveillance ?
Chroniques d'une parentalité sans violence : Les livres de puériculture
Éducation non-violente en pratique : Le besoin de souffler un peu

Grandir ensemble
Grandir ailleurs : Grandir au Népal
Grandir sainement : L'apithérapie
Faire grandir une initiative : Éducations plurielles

Grandir en savourant
Allaitement : Méditation et allaitement
Nourrissons-nous : À la découverte de l'alimentation cétogène
Fines bouches : Recettes « céto »

mardi 6 novembre 2018

La musique comme outil thérapeutique pour cheminer vers soi




La musique comme outil thérapeutique pour cheminer vers soi

Article parût en janvier/février 2017 dans le n°62 du magazine Grandir Autrement
(magazine disponible en ligne en PDF pour 3€ )



Nada brahma, le monde est son, dit la sagesse védique. Dès notre de vie in utero, nous évoluons dans un environnement sonore perçu par notre peau, nos organes, nos os, nos oreilles[1], notre enveloppe énergétique. Ces informations peuvent nous perturber mais ont aussi aussi un pouvoir ré-équilibrant voire réparateur. La musique, le chant, la danse, lorsqu’on les embrasse à cœur ouvert en posant une intention particulière, nous aident à relier etharmoniser les différents plans de notre être : physique, énergétique, émotionnel, mental et spirituel.

Pour apaiser notre enfant ou notre enfant intérieur, partons à la découverte du pouvoir des sons et de différentes pratiques de mieux-être qui l’utilise.


Notre être est vibratoire.


Selon l’hindouisme et le bouddhisme, certains sons harmonisent les chakras[2]et élèvent notre niveau de conscience. Chaque son correspond à une fréquence, une vibra­­tion. C’est la résonnance de cette vibration dans notre corps qui agit sur notre être[3].

Alain Boudet, docteur en sciences physiques, compare la résonnance du corps à celle d’un piano : quand on joue une corde, toutes celles qui ont des harmoniques communes vibrent aussi.« Ce qui est vrai pour des cordes de piano est également vrai pour les tissus corporels. Les tissus et organes se mettent à vibrer très finement lorsqu'ils sont touchés par les sons dont la fréquence est en accord avec eux. Le cerveau aussi peut être stimulé par le son et même endommagé par certaines fréquences qui résonnent avec la boite crânienne. Des armes ont été fabriquées sur ce principe. »[4]

L’écho thérapeutique des sons est connu en Inde depuis le 7èmesiècle. Dans le monde occidental contemporain, la psychologie et la physique se sont penchées sur le pouvoir du son. Steve Reich, compositeur, utilise les acquis de la psychoacoustique : certaines de ses œuvres semblent nettoyer notre esprit comme le ferait toute pratique permettant d’apaiser notre mental pour laisser plus d’espace à nos autres modes de perception[5]. Les neurosciences étudient aujourd’hui le rôle du son dans les états de conscience volontairement modifiés, comme la transe.Corinne Sombrun[6], musicologue, compositrice et chamane, initiée en Mongolie (où les chamans entrent en transe au son du tambour) collaborent avec des chercheurs en France et au Canada. La transe comporterait des similitudes avec certains états de crises psychotiques. 


Massages sonores


Marie-Louise Aucher, fondatrice de la psychophonie et initiatrice du chant prénatal en France, a montré que quatre gammes font résonner notre corps, de manière différenciée pour chaque zone, et que les points activés se situent le long des méridiens d’acuponcture. « La localisation de la résonance sonore monte au fur et à mesure que les notes deviennent plus aigües. Les notes graves résonnent dans le bas du corps, les notes aigües (…) dans la tête, les notes moyennes dans la poitrine » [7] Il est troublant de noter que notre corps physique compte sept chakras et qu’une gamme musicale occidentale comporte sept notes.

Nous possédons tous une capacité d’auto-guérison en massant notre corps en interne par le chant[8]Pour Alain Boudet, « (…) chanter ou émettre des sons tels que des voyelles ou onomatopées, sans forcément rechercher la justesse (…) est une façon de masser, réveiller, harmoniser les tissus endormis, rigidifiés, encombrés ou privés d'énergie. Dans le domaine de la mécanique, il est habituel de nettoyer de petites pièces métalliques en les plongeant dans l'eau et en les soumettant à des ultrasons. Cela prouve bien que le son agit fortement sur la matière, en particulier sur notre chair. Le chant est en quelque sorte une thérapie douce et sans danger, d'autant plus efficace que le chanteur travaille dans le but de faire résonner sa voix dans tout le corps. » [9]


La musicothérapie : un espace d’exploration accessible à tous


Pour Pauline Bossuroy, musicothérapeute, la musique et les sons touchent à nos mémoires archaïques.

« La musicothérapie propose un espace-temps d’exploration de l’être à travers une communication non-verbale, sonore et musicale. Un espace privilégié d’écoute et d’expression. Pour les enfants, le fait de disposer de cet espace-temps qui leur est propre, indépendamment de leur vie familiale ou scolaire, est à lui seul déjà bénéfique ».La musicothérapie ne requiert pas de savoir jouer d’un instrument. Tout se joue dans l’exploration et la rencontre.

La séance peut être active lorsque thérapeute et patient jouent ensemble, ou passive lorsque le patient écoute une musique jouée par le thérapeute (ou enregistrée) dans une position particulière[10], en verbalisant son ressenti pendant ou après, ou encore en peignant. Le thérapeute n’a aucune attente en terme de résultat (« beau », « libérateur », etc.).

« La musique est un outil particulier car, contrairement à la peinture ou d’autres médium d’artistiques, on n’en garde pas de trace, sauf si on l’enregistre. Elle est donc liée à l’instant présent, à ce que l’on vit et ce qui va résonner à l’intérieur de nous pendant et après la séance. »   

Le silence aussi a son importance, « car sans lui, pas de musique »­. C’est Rolando Benenzon qui a introduit la musicothérapie non-verbale et souligné l’importance du setting, c’est à dire de la préparation de l’espace et des instruments offerts au patient. Pauline Bossuroy nous précise l’importance de laisser l’enfant manipuler les instruments librement : « C’est la personne qui construit sa propre représentation de l’instrument. Une maracas peut être un animal, une personne, un moyen de frapper le sol, d’exprimer une émotion, d’entrer en relation. On peut chanter dans un tambour, le retourner. En ouvrant l’espace des possibles avec l’outil musical et sonore, on peut explorer nos limites, descendre dans nos mémoires enfouies et dans tout ce que l’on ne veut pas voir. On peut crier, émettre des sons, incarner un animal, sans jugement du thérapeute. L’enfant doit sentir que le chaos est possible et accueilli dans cet espace. Du chaos sort une structure, un rythme, un mouvement, des mots, des sons avec lesquels le musicothérapeute va entrer en écho. Le but d’une séance de musicothérapie n’est pas le bien-être dans la douceur et la détente mais d’explorer tout ce qui nous traverse. »


Et la danse ?

C’est cette même démarche que propose la danse des 5 rythmes, créée par Gabrielle Roth, musicienne et danseuse américaine. Dans cette danse libre et intuitive, la musique supporte la traversée et la libération des émotions. Pour Michel Wéry[11], professeur en Belgique et père de deux enfants de 5 et 7 ans : « chaque musique peut être vue comme un univers, caractérisé notamment par une énergie (rythme lent ou rapide, doux ou énergique...) et assez souvent par une émotion. Quand on écoute une musique on entre dans son univers, et une part de nous résonne avec l'énergie et l’émotion qu’elle véhicule. La musique est donc propice à remettre en circulation un élan retenu, une émotion réprimée… ».

La compagne de Michel enseigne aussi la danse des 5 rythmes. Dans leur quotidien familial, la musique a une place à part entière : « Depuis que nos enfants sont tout petits, nous avons considéré qu'ils pouvaient aimer n'importe quel type de musique (ou presque), et ça se vérifie ! Aujourd'hui, cela nous permet de partager ensemble le plaisir d'écouter, de chanter ou de danser. Bien sûr ils demandent parfois de la musique pour enfants et c'est alors nous qui nous adaptons à eux. 

Parfois nous utilisons intentionnellement de la musique dans le but d’apaiser des tensions, de canaliser une émotion (transformer la colère en force et passion par exemple), de s’éclater ensemble, ou encore d’alléger l'atmosphère. Il nous arrive aussi d'utiliser le dessin spontané, avec ou sans musique, pour canaliser la colère d'un de nos fils »

Un conseil ? Michel souligne l’importance de l’exemple et d’oser danser sans vouloir « bien » danser, sans peur d’être jugé : « Je pense qu'on ne peut transmettre que ce qu'on pratique soi-même. Faites-vous d'abord plaisir avec la musique, la danse, le chant ou en jouant d'un instrument, ça fera plaisir à vos enfants ! »

Notre salon est un espace de danse et, comme ils nous ont toujours vu danser, les enfants font spontanément de même. L'initiative vient parfois d'eux, parfois de nous. Nous avons déjà passé de super moments à nous éclater tous ensemble. Quand les enfants étaient plus jeunes on dansait avec eux dans les bras, maintenant ils sont plus indépendants. ».


Propositions d’expériences sonores : 

Pauline Bossuroy nous propose deux expériences musicales à vivre avec notre enfant, en lâchant nos attentes pour qu’ils’approprie son espace de liberté, de créativité.

- Le cocon :  Proposez à l’enfant de construire une cabane avec des coussins et des couvertures et d’écouter une musique pour qu’elle voyage en lui : « Nous allons faire un voyage sonore. Dans ton cocon, tu peux laisser les sons voyager en toi et autour de toi »Dans le cas d'un enfant qui explorerait les limites de son environnement par le conflit, on peut proposer cette expérience.Elle peut lui permettre de ressentir ses limites internes, c’est-à-dire son enveloppe psychique, émotionnelle et corporelle. A la fin de la musique, au rythme de l’enfant, on peut lui proposer une photo intérieure : «Tu peux fermer les yeux et écouter dans ton cœur quelle couleur est peinte à l’intérieur de toi. C’est possible qu’il y en ait plusieurs mais il y en a peut-être une plus présente. Maintenant, écoute à l’intérieur de toi un mot qui définit comment tu te sens là maintenant. » En renouvelant régulièrement cette expérience, le ressenti de l’enfant évolue et ses mots peuvent vous surprendre !

- L’exploration : Proposez à l’enfant un espace d’expérimentation avec les objets qui l’entourent. On peut transformer en instruments de musique des objets que l’on voit tous les jours (des verres d’eau, des casseroles), fabriquer un instrument dans la nature, utiliser les troncs d’arbres, les pierres, le vent… Il s’agit d’ouvrir tous les possibles, de jouer et de réveiller notre enfant intérieur.



1 - Voir l’article « Perceptions sonores in utero » dans ce même numéro de Grandir Autrement.

2 - Centres dénergies qui régulent nos fonctions physiques et émotionnelleset sont reliés à notre environnement.

3 - Le plus connu en occident est le son Om. Ce mantra sacré est largement diffusé par le yoga et les cours de chant prénatal pour son effet calmant. Om aide à accueillir ce qui est et l’accepter, en ce qu’il induit une plus grande connexion à soi-même et à l’entièreté du monde, du temps, de la conscience et du divin. 

5- Essayez son œuvre Music for 18 musicians.

6- http://www.corinesombrun.com/biographie

7- Alain Boudet , op. cit.

8- En médecine traditionnelle chinoise, le chant apaise la sphère Feu, celle du Cœur, qui correspond en occident à l’esprit ou l’âme. Le Cœur assure la stabilité psychique de l’être, sa bonne santé mentale et sa bonne humeur. Le chant régule l’élément Feu, en ce qu’il permet d’exulter le trop plein de joie ou, à l’inverse, de se donner du courage et d’élever sa conscience.

9- Alain Boudet, op. cit. Le yoga des sons, le chant de mantras, le chant holistique, le chant prénatal, la psychophonie et le rééquilibrage de l’atlas(la première vertèbre cervicale) sont des pratiques qui utilisent ces effets du son.

10 - Certaines positions peuvent activer des représentations particulières liées à l’inconscient collectif.

dimanche 28 octobre 2018

L'instruction en famille : un choix élitiste?


Je partage avec vous le premier article que j'ai rédigé pour Grandir Autrement, pour le numéro 59 dédié à l'Instruction en famille, parût en juillet 2016. Ce numéro du magazine peut-être téléchargé en version pdf pour 3€ sur le site de Grandir Autrement (le nouveau site, plus joli, plus fourni et plus pratique arrive courant novembre !).


L'instruction en famille, un choix élitiste ?

Article parût en juillet/août 2016 dans le numéro 59 du magazine Grandir Autrement.

L’instruction libre des e­nfants comme prolongement du maternage proximal implique que les parents, qui souhaitent vivre plus de quelques heures par jour avec leurs enfants, composent avec les finances familiales, les besoins de chacun et… l’entourage. Les peurs renvoyées par les proches sont bien souvent la sociabilisation des enfants, la capacité des parents à instruire leurs enfants et la nécessité de « gagner sa vie » et donc de travailler en déconnexion de la sphère familiale (tel que le travail est conçu et perçu majoritairement dans notre société).

Aux États-Unis, l’instruction en famille (IEF) est, depuis peu, vue d’un autre œil. Les grandes universités favorisent l’inscription des adolescents « non-sco » qu’elles considèrent comme plus motivés et plus autonomes dans leurs apprentissages car posant souvent un choix de filière plus conscient. 74 % des enfants instruits librement s’inscrivent à l’université contre 49 % des élèves de l’école publique1et chaque année 100 000 anciens enfants IEF obtiennent un diplôme universitaire2.

Un nouveau regard sur l'IEF

Les nouveaux précepteurs de tendance, les « techies » (i.e.experts en nouvelles technologies) et les partisans de la financial independence3lancent la mode du homeschooling dans l’intelligentsia US. Pour eux, l’école est un frein à la créativité. Ces familles aisées créent de nouveaux marchés pour les écoles privées et les opérateurs culturels qui offrent des cours et services « à la carte » à leur intention. Leur médiatisation comme créateurs d’une nouvelle élite, rafraîchit l’image de la déscolarisation qui, depuis les années 70, est associée à deux groupes aux visions sociétales bien distinctes : les familles chrétiennes soucieuses de l’influence séculaire de l’école publique et son insécurité et le mouvement hippie libertaire dénonçant l’oppression des enfants par un système scolaire autoritaire et patriarcal4.

Le nombre d’enfants déscolarisés augmente chaque année de 7 %, atteignant 3,4 % des enfants en âge d’être scolarisés5. Et pour cause, les statistiques de réussite aux examens nationaux sont en faveur de l’IEF depuis près de vingt ans. L’étude la plus récente, effectuée en 2009 par quinze instituts de sondage indépendants sur près de 12 000 enfants IEF de 5 à 17 ans, a montré que ceux-ci obtiennent en moyenne des résultats nettement supérieurs aux tests nationaux, et ce, dans toutes les disciplines majeures testées. 87 % des enfants déscolarisés obtiennent des notes supérieures à la moyenne nationale, créant un écart de 37 points de pourcentage avec les élèves de l’école publique6.

Malgré un plus grand nombre d’enfants instruits librement, un revenu familial médian inférieur à la moyenne nationale et une plus grande diversité sociale des familles dont ils sont issus, cet écart se creuse au fil du temps.

Au-delà de l’attention personnalisée, du respect des rythmes d’apprentissage et du temps que l’enfant peut consacrer à ses passions, on peut expliquer l’exacerbation de cet écart par l’accélération de la circulation de l’information, viaInternet et les réseaux sociaux, qui favorise la mise en place de groupes d’entraide et d’apprentissage entre familles et l’essor des cours en ligne.

Un outil d’émancipation social


Mais faut-il être millionnaire pour instruire son enfant ? Absolument pas !  L’étude démontre queni le revenu des parents, ni leur origine sociale, ou l’argent dépensé pour leur instruction n’influent sur les résultats des enfants IEF.Ainsi, l’écart de résultats entre les enfants issus des familles défavorisées (qui seraient éligibles à la gratuité des repas en cantine scolaire7) et ceux issus des classes sociales plus aisées est de quatre points de pourcentage dans le milieu IEF contre dix points d’écart pour les écoliers8. L’écart filles/garçons est d’un point seulement en faveur des filles, alors que l’école tend notoirement à les défavoriser au fur et à mesure qu’elles grandissent.

L’IEF apparaît comme un moyen de lutte contre les inégalités sociales tandis que l’école comme outil d’émancipation sociale est un échec avéré (comme Pierre Bourdieu l’a démontré).

En France, une association affirme : « Quels que soient votre niveau d'instruction, votre situation sociale ou votre lieu d'habitation, tout le monde peut pratiquer l'instruction en famille. Il revient à chaque famille de définir ses besoins, ses priorités, de connaître ses limites et de s'organiser en conséquence.10»

Pour Laetitia, maman solo qui a déscolarisé son fils il y a trois ans, l’apprentissage hors de l’école s’est intégré à un changement de vie global lorsqu’elle a décidé de voyager avec lui et de vivre hors du système monétaire. « La vie communautaire et nomade offre un grand nombre de personnes ressources à l’enfant auprès desquelles il peut apprendre au gré de ses intérêts. En un an, Nohé a appris deux langues. Le contact avec la nature aussi est une source d’apprentissage immédiate et vaste. L’enfant a tout à portée de main.» De retour en ville et, à la demande de Nohé, 8 ans, ils ont opté pour un cadre léger. Laetitia a monté son activité d’animation artistique ce qui lui permet de travailler en grande partie à la maison et d’amener son fils avec elle en prestation. « Quand on voit le documentaireÊtre et devenir, on a l’impression qu’il faut être millionnaire pour pratiquer l’IEF. Je ne me suis absolument pas posé la question de l’argent quand j’ai fait ce choix. En grandissant, les besoins de Nohé changent, mais l’offre d’activités “extra-scolaires” et les rencontres entre familles autour d’un apprentissage (fabrication du pain, soins des ânes, etc.) offrent plein d’opportunités accessibles.»

Pour Agathe, maman de trois enfants de 2, 7 et 9 ans, instruits librement, pratiquer l’IEF se conjugue aujourd’hui avec simplicité volontaire. Ce fut d’abord un choix par défaut : « Je croyais que la panacée pour mon enfant, c’était une école Montessori et puis, quand j’ai rencontré le groupe de familles non-sco à Paris, c’est devenu un véritable choix. J’ai aussi compris que j’avais besoin d’être en relation avec mes enfants pour réparer mon histoire familiale. Avec l’IEF, nous pouvons devenir les parents que l’on souhaite.» Pour elle, pratiquer l’IEF, c’est respecter la nature profonde de l’enfant et lui assurer un parcours singulier tissé de la culture qu’il se forge au fil de ses intérêts et de ses rencontres. «Mon fils aîné réclame d’être boulanger depuis toujours. S’il le devient, ce sera par choix et pas parce que l’école l’aura décrété trop mauvais pour faire autre chose. Du coup, c’est aussi une autre société que l’on choisit.»

Et si cette nouvelle « élite » en devenir était composée, non pas de l’excellence intellectuelle, mais de jeunes gens plus épanouis, plus connectés à leur famille et leur environnement ?

Agathe est une ex-institutrice : « Quand on me demande si les parents ont assez de culture pour pratiquer l’IEF, ça me fait horreur car de quelle culture parle-t-on et qui en a le monopole ? L’école ?». Sabrina, mère de deux enfants déscolarisés depuis cette année, s’insurge également : « L’intelligence et la culture ne sont pas l’exclusivité des classes aisées. Mon grand-père, ouvrier, avait pour livre de chevet le dictionnaire alors qu’il n’était jamais allé à l’école. Même avec un petit budget, avec les bibliothèques et Internet, on peut étancher sa curiosité d’apprendre. Les enfants en IEF dissocient moins l’apprentissage du jeu et de la vie en général. Chaque rencontre est une ressource.»

Travailler et instruire librement


Mais comment gérer cette « disponibilité totale discontinue11» à ses enfants tout en gagnant sa vie ? Outre la flexibilité de son activité professionnelle, Laetitia s’est tournée vers le parrainage laïc. Son fils a noué une relation familiale forte avec un couple bouddhiste homosexuel sans enfants. Tout le monde y gagne : « Ce n’est pas moi qui planifie leurs rencontres, il les appelle lui-même». Sabrina et son compagnon ont opté pour deux temps partiels « afin que les enfants aient deux points de vue différents et qu’il n’y en ait pas un qui reste plus que l’autre à la maison. On a peu de temps en famille au complet ou en couple mais on se couche et se lève tard pour se retrouver. L’IEF, c’est surtout réorganiser sa routine». Leur budget les place juste en-dessous du seuil de pauvreté. Quand ils ont choisi l’IEF ils se sont demandé si, justement, c’était l’apanage d’une certaine élite : « Et puis non ! Quand nos enfants étaient scolarisés tous les mois, il y avait des dépenses supplémentaires pour les sorties ou autres. L’IEF nous coûte un peu moins cher que l’école (pas de cartable ou de fournitures obligatoires) mais la différence, c’est que l’argent que l’on dépense, nous en profitons aussi : on va au musée et au théâtre avec eux !»

Quant à Agathe, qui a quitté Paris depuis un an pour une expérience nomade en famille, en s’offrant le temps, la question financière devient secondaire : « C’est maintenant que mes enfants ont besoin de moi. Travailler, je peux le faire plus tard. Les enfants sont par essence imprévisibles et nous obligent aucarpe diem. Avec l’IEF et la route, on rentre dans une autre temporalité, on apprend à se laisser guider et l’on goûte à la générosité de la vie. Ce qui me nourrit, ce sont les rencontres et la vie dans la nature. Le reste devient secondaire. Même si le mode de vie que l’on quitte nous nourrit encore, nous faisons déjà l'expérience de la récup’, des échanges avec d'autres qui nous confortent dans le fait qu'on peut vivre autrement et mieux.»

Une nouvelle élite épanouie et consciente


Mais quid des facilités d’apprentissage ? Faut-il avoir un enfant précoce intellectuellement pour pratiquer l’IEF ? Aux États-Unis, 24,5 % des enfants IEF sont « en avance » par rapport à leur pairs scolarisés et seulement 5 % sont en situation de « redoublement »12. En France, seulement 12 % des membres de l’association LAIA (Libres d’apprendre et d’instruire autrement)ont choisi l’IEF parce que leur enfant présente des facilités d’apprentissage13.

À l’heure où diagnostiquer son enfant « haut potentiel »est une source de fierté chez certains parents, il est bon de rappeler qu’Howard Gardner a défini huit types d'intelligence14et que l’IEF est une voie rêvée pour développer le potentiel d’un enfant doué autrement que scolairement.

Et c’est là où réside la beauté de l’IEF quand elle appliquée pour répondre aux besoins de l’enfant, favoriser la pleine éclosion de sa créativité et lui permettre d’intégrer la société à son rythme, sans compétition et sans jugement imposé, pour y participer en tant qu’être respectueux de lui-même, d’autrui et de son environnement.

3 - Travailler d’arrache-pied pendant dix ans puis prendre sa retraite à 40 ans et fonder une famille.
4 - Les figures de proue de ces deux mouvements sont Raymond Moore, qui a montré que l’apprentissage formel et institutionnalisé avant l’âge de 12 ans est source de nombreux troubles tels que la myopie, la dyslexie ou l’hyperactivité, et John Holt, le père du« unschooling », c’est-à-dire l’apprentissage par la vie et son abondance d’expériences.
7 - À ce propos, on peut déplorer que les familles IEF défavorisées ne reçoivent pas l’équivalent financier de cette aide, mais certains états accordent désormais des déductions fiscales aux familles IEF. Encore faut-il être imposable…
8 - Average national assessment of education progress science and reading scale score, National Center for Education Statistics, 2009.
9 - voir Pierre Bourideu et J-C Passeron,Les Héritiers. Les étudiants et la culture, Les Editions de Minuit, 1964 et, des mêmes auteurs, La Reproduction. Éléments pour une théorie du système d'enseignement, Éditions de Minuit, 1970.
11 - Les plumes de LAIAn° 9, septembre 2008, p.13.
13 - http://laia-asso.forumpro.fr/t7-pourquoi-les-familles-font-elles-le-choix-de-l-ief
14 - L'intelligence linguistique, logico-mathématique, spatiale, musicale, corporelle-kinesthésique, interpersonnelle, intrapersonnelle, naturaliste.




mardi 9 octobre 2018

Récompenser ou pas les enfants?



Je partage le replay de ce webinaire : "Récompenser ou pas les enfants ?" organisé par Marie-Florence Astoi de la plateforme Ecoparentalité avec Grandir Autrement. 

C'est Coralie Garnier, rédactrice à GA et auteure du blog Les 6 doigts de la main qui développe plus en avant son article "Le piège des récompenses" publié dans Grandir Autrement et que l'on peut lire gratuitement ici sur le site du magazine.

Bonne écoute et bonne reflexion à ce sujet :)

vendredi 24 août 2018

Ouvrages anti-sexisme et/ou pro-diversité pour les 4-7ans et plus



En cheminant sur les listes citées dans mon article "Représentation de soi, sexisme, racisme : des ressources pour nos enfants" voici ceux que j'ai sélectionnés pour mes enfants, en ajoutant un filtre "parentalité positive" (sachant que je ne les ai pas encore lus et que, de manière générale, lorsqu'une phrase ne me plait pas dans un livre, j'en parle avec les enfants et nous la ré-écrivons !). 

En gras ceux qui mettent en scène des enfants noirs ou métisses dont on peut 
lire, pour la plupart, une critique sur le site de Mistikrak

Notez que la librairie Tulitu, rue de  Flandres à Bruxelles proposent de nombreux ouvrages féministes, queer, et LGTB, avec une sélection jeunesse (Merci à Sarah de me l'avoir rappelé).

Je viens de commander :




Sur la liste pour la prochaine commande, Noël, etc. :


  • Les sauvages Mélanie Rutten (j'adore l'univers de Mélanie Rutten) 
  • Moi, je m’aime ! de Karen Beaumont & David Catrow (hou ! je vais l'offrir à foison celui-là!)
  • Fifi Brindacier, l’intégrale d’Astrid Lindgren
  • L’Avie d’Isée de Claude Ponti (fille aventurière et futée, univers magique et absurde de Claude Ponti)
  • Comme un million de papillons noirs Laura Nsafou (alias Mrs Roots) - à paraitre en septembre
  • Le masque de Stéphane Servant, Ilya Green (nous délester des étiquettes et des rôles que l'on portent malgré soi)
  • Le monstre poilu de Pef &Henriette Bichonnier (fille forte et futée, grand classique, souvenir de mon enfance)
  • Maïa qui aime les chiffres de Romana Romanyshyn, Andriy Lesiv 


En Italien : 


Un beau livre coloré  "I mille perché di Dino Ricciolino" de mon amie Chiara Batistelli. Dino, le personnage principal est un garçon noir, et sa maman est blanche, ce qui ne change rien à l'histoire.  Avec lui, on découvre le monde des abeilles avec des explication scientifiques et didactiques sur leur travail et sur la nature. C'est exactement le genre de livre que je voudrai voir d'avantage accessibles et mis en avant.

J’aime aussi :



Pour plus grands (à partir de 7 ans?) :



A découvrir aussi :


  • Un air de famille de Moni Port, Philip Waechter 
  • Chez un père crocodile de Malika Doray 
  • Akiko la courageuse petit conte zen d’Antoine Guilloppé 
  • Jacotte de Géraldine Collet, Estelle Billon-Spagnol 
  • La nuit de Valentine de Hélène Vignal, Isabelle Charly 
  • Achile et la rivière d’Olivier Adam, Ilya Green 
  • Ti Poucet de Stéphane Servant, Ilya Green 
  • La Princesse Attaque de Delphine Chedru 
  • Le petit chaperon bleu de Guia Risari, Clémence Pollet 
  • Zizi et zezette de Camille Laurans et Jess Pauwels
  • Overdose de rose de Fanny Joly et Marianne Barcilon
  • A quoi tu joues ? de Marie-Sabine Roger & Anne Sol
  • Un petit loup si doux de Gerda Wagener & Jozef Wilkon 
  • D’une île à l’autre de Nadine Brun-Cosme, Sylvie Serprix 
  • Nos beaux doudous de Stéphane Servant, Ilya Green 
  • Orient express de Delphine Chedru 
  • Vive l’anarchie ! de John Jana 
RQ : ceci est mon 300ème article sur BLO :)

Les Trois Lunes, liste 2015

Représentation de soi, sexisme, racisme : des ressources pour nos enfants

extrait des dépliants de Maman Rodarde à télécharger sur son site

La fille métisse d'une amie blanche écrit une thèse sur la représentation de soi des enfants métisses en Allemagne et du racisme inconscient de leur entourage et notamment du parent blanc. C'est un éclairage stupéfiant sur l'intériorisation du racisme par tout un chacun, même quand on s'en croit à l'abri.

Je me demande ce que mes enfants ont intégré comme stéréotypes sexistes, racistes, spécistes, etc. Je me demande comment ils se perçoivent eux-même en tant que fille, garçon, métisse blond, métisse brune, enfants de couple mixte, enfants vegan, enfants de parents polyamoureux, etc.

Connaissez-vous le test de la poupée? Je vous laisse le découvrir... 




Remarque : il existe une version plus longue sans sur-titres français avec d'autres groupes d'enfants, notamment asiatiques et latino-américains. Notez que les résultats sont les mêmes.


Enfant, j'ai souffert comme beaucoup des étiquettes et des jugements des autres. On y passe tous mais notons qu'il y a des catégories qui n'y échappe pas, et ce, toute une vie, même dans les interactions les plus mineures du quotidien.

Alors voilà, je me retrouve maintenant dans le rôle de la mère de la fillette métisse et j'aimerai empowered ma fille plus que je ne l'ai été. Et mon fils aussi. Pour qu'ils se sentent bien dans leur genre et dans leur peau.

L'avantage que j'ai sur mes parents c'est que ma mère étant blanche, elle pouvait plus difficilement comprendre ce que je vivais et mon père, noir, faisait tellement d'effort pour que ma soeur est moi passions pour de bonnes françaises de souche, qu'il vivait dans une sorte de déni. Impossible pour lui que nous soyons visées par le racisme, il encaissait beaucoup trop lui même pour pouvoir entrevoir notre souffrance. Autre avantage : les temps changés ! La seconde et 3ème génération d'immigrés est plus outillée que ses aînés. Voir par exemple les blogs : les bavardages de Kyémis (France, queer, 20ans, pur régal), Mrs Roots (Québec, auteur d'un livre pour enfants), le collectif afroféministe Mwasi (France) et la revue littéraire et artistique Ayaté (France).

Je suis donc en pleine exploration de pistes pour permettre à mes enfants d'avoir une représentation d'eux même positive et de cultiver leur tolérance face à la différence, de se libérer du diktat de la norme, si chère à mon papa.

S'affranchir de la norme 


La norme c'est quoi? C'est le prêt-à-penser institutionnalisé par des acteurs au pouvoir écrasant qui se nourrit de notre docilité : la pub, les médias (y compris l'industrie cinématographique et télévisuelle de masse qui handicape voire annihile la capacité de libre-pensée de nos enfants et la nôtre), les discours officiels relayés entre autre par le mode médical et l'école, manipulés par les lobbies de l'industrie pharmaceutique, agro-alimentaire, informatique, du tabac, etc.  L'ensemble des idées diffusées modèlent la psyché nécessaire à la reproduction du système patriarcal capitaliste dont l'archétype, au sommet de la pyramide sociale, est l'homme hétérosexuel blanc de 40 ans avec un bon CDI et propriétaire (de son logement, ses gosses, sa femme, son assurance-vie, etc.).

C'est ce qui nous donne envie d'avoir (des enfants sages, un beau corps, l'éveil, un amant plus doué, etc.) plutôt que de nous accepter dans l'instant tel qu'il est. Vous vous croyez à l'abri? Ce super article du blog Famille à l'Ouest est un très bel exemple et un bon moyen de se réveiller quand on roupille encore : Le prix de la meilleure « maman Montessori »

Ces agents du système tissent une moralité bienséante et traditionaliste servie non-stop H24-7/7 y compris par nos amis, nos collègues, nos parents, etc... sauf si on se débranche ! A ce sujet je vous recommande l'un de mes articles préférés : Le regard des autres : vivre ses choix de maternage avec sérénité.

Comment contre-carrer les messages sexistes et racistes subliminaux ou frontaux reçus par mes enfants (4 et 7 ans)? Comment les sensibiliser à leurs droits pour que leur ouverture d'esprit naturelle perdure malgré le conformisme ambiant? Même si l'on vit dans un milieu conscient assez libre, voire libertaire, il n'empêche : le racisme et le sexisme sont comme le carnisme, tellement intégré qu'on ne le perçoit plus que dans les cas extrêmes.

Les solutions pour soutenir nos enfants 


On transmet déjà beaucoup par l'exemple. 

Pour ça, je crois ne pas être trop à la masse mais j'ai encore du travail, notamment pour poser des limites claires (avec les personnes qui m'impressionnent) et accepter mon corps plus encore. Je ne vais pas faire de liste de ce que je fais ou ne fais pas (quoique ça pourrait vous inspirer) parce qu'être féministe ce n'est pas, par exemple, s'épiler ou pas (c'est un exemple). Mais, dans le cas de l'épilation, se poser la question "pourquoi je le fais?" et répondre avec honnêteté en écoutant son coeur et pas sa tête, c'est déjà une démarche vers l'amour de soi et l'affranchissement aux diktats extérieurs (qui créent des diktats intérieurs durs à dégommer...). 

Il n'empêche, hier ma fille m'a dit : "les femmes restent à la maison et les hommes travaillent à l'extérieur"... What? Parce qu'il fait chaud et que j'aime travailler sur mon ordi au frais, et que la plupart des hommes ici travaillent au jardin, à la construction ou dans l'atelier qui est à l'extérieur. 

Dans notre communauté, les jeux entre enfants s'établissent souvent en fonction du genre. Je me demande pourquoi. La tribu d'enfants commence aussi à s'intéresser à l'anatomie de chacun. Les garçons  essaient parfois de contraindre les filles et ont besoin de guidance pour percevoir les limites et comprendre le respect du non et le concept du consentement. Les filles font parfois les mièvres et font semblant d'avoir peur pour qu'ils leur courent après... (Oups, je crois que je fais parfois la même chose...) Il y a aussi cette petite fille blonde qui s'abreuve d'histoire de princesse, s'habille en princesse... C'est une super amie pour ma fille mais je vois bien que ça la questionne (et moi aussi). On a acheté des jolies robes et un déguisement de princesse mais je souhaite l'aider à garder sa spécificité (et j'observe que c'est important pour moi d'avoir une fille qui n'est pas gnangnan...tiens, tiens est-ce que je suis assez cool avec ça?...).  


Observer nos comportements, nos schémas, les accepter aussi et voir ce qui nous sert et ce qu'on veut transmettre, sans brimer les élans explorateurs de nos enfants. 


Pour se prémunir des stéréotypes de genre  :

Les dépliants de Maman Rodarde (sa photo)




* Les super dépliants réalisés et offerts par Maman Rodarde pour les filles (il y a 2 fichiers) et pour les garçons. Cette super maman à aussi choisi de représenter des personnes racisées (i.e. qui subissent l’assignation à une supposée race) et des personnes transcende. Je les ai imprimés, découpés et mis dans un bocal dans la cuisine à l'intention des enfants et adultes de la communauté. J'en ai aussi imprimé pour que les enfants les partagent en classe.

* Les affiches à imprimer d'Elise Gravel : il y en a une sur les filles, une sur les garçon et une très intéressante sur le consentement. J'ai moins aimé celle sur les différences. Elise Gravel met aussi gratuitement à disposition des livres à imprimer en français et en anglais (artsy boys, smelly girls) pour déconstruire les stéréotypes de genre.

* Le super blog Fille d'Album qui présentent des alums jeunesse et des romans anti-sexistes. (Ce blog est désormais repris dans la liste de liens féministes de BLO)

* Les listes d'ouvrages anti-sexistes sur les site Les Trois Lunes : 2015 et 2013 (la liste 2017 traite plutôt de la parentalité).

* Un webzine à télécharger sur l’antisexisme sur le site de La mare aux mots et  aussi une page instagram qui reprends tous les ouvrages présentés sur le site.

Pour se prémunir d'une représentation biaisée de la société dans la littérature jeunesse et nourrir une représentation positives des enfants racisés :

Le blog Mistikrak d'une maman bibliothécaire québécoise qui recensent et promeut les ouvrages représentant des personnages racisés (i.e. qui subissent l’assignation à une supposée race). Ce qui est très intéressant c'est qu'elle décrypte la représentation implicite et explicite du-dit personnage : est-ce un personnage secondaire ou primaire? sa couleur change t-elle quelque chose à l'histoire? est-il stéréotypé (par ex. pauvre enfant de banlieue ou enfant sauvage en Afrique) ? J'aime particulièrement sa sélection de livres sur l'acceptation de soi.

- en anglais : The brown book shelf un blog américain, pendant de celui de Mistikrak.

Pour l'instant j'en suis là.

* Etre plus consciente de mes blessures et de mes ressources. 

* Incarner plus consciemment mon statut de mère afroeuropéenne d'enfants racisés : c'est à dire apporter de l'attention à cet composante de mon être et de mes enfants pour l'intégrer pleinement à mon maternage (comme je le fais pour le veganisme ou d'autres choix d'éducation par exemple).

RQ : je le répète, racisé veut dire susceptible d'être victime de racisme. Notez que "racisé" c'est un adjectif, pas un nom, car utilisé comme nom il perd son sens, voir l'article de Sarah-Jane Fouda dans Le Monde à ce sujet). 

* M'épanouir dans ma féminité et ma sexualité.

* Jouer avec les archétypes & les stéréotypes en général et ramener une dose d'humour (sans que ce soit une fuite).

* Partager mon cheminement avec leur père et les adultes et enfants qui interagissent avec nous (communauté, grand-parents, écoles, amis, etc.).


pour Natura Spirit, photo : Emilia Drake.

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